Africa Cinéma, un an plus tard

Le programme Africa Cinéma est né l’année dernière, et avait été annoncé au festival de Cannes. Petit bilan de ce fonds destiné à épauler la distribution de films africains sur le continent, après dix mois de fonctionnement.

Valérie Ganne, correspondance particulière

Nous vous l’avions annoncé l’année dernière à Cannes, l’Union Européenne, l’Agence de la Francophonie et le Ministère des Affaires étrangères se sont unis pour débloquer 1,8 millions d’euros pour un an et demi afin de soutenir la distribution de films africains en Afrique, ainsi que certaines salles de cinéma. Dirigé par Toussaint Tiendrébéogo, avec Europa Cinémas, le programme a déjà posé des premières traces concrètes. Ainsi neuf longs métrages ont bénéficié d’un soutien à la distribution, treize salles de cinéma se sont engagées à consacrer 20% de leur programmation à des films Africains, et enfin huit distributeurs sont venus suivre un stage de perfectionnement de deux mois en France.

Sortir un film dans dix pays

Par exemple, « Le silence de la forêt », film centre africain de Didier Ouénangaré et Bassok Ba Kobhio (présenté à Cannes à la Quinzaine en 2003) a reçu dix copies, dont deux sous-titrées en anglais. Selon le second de ces réalisateurs, même s’il regrette que la structure n’assume pas encore d’achat d’espace publicitaire, les retombées ont déjà été importantes avec une sortie possible du film en même temps au Tchad et au Cameroun, et sur huit autres pays. « Une façon de mesurer le réel potentiel des films Africains quand ils sont enfin exploités de manière correcte. » Car Africa Cinéma finance aussi le matériel promotionnel, et investit même dans des sociétés de distribution de films en Afrique. Deux sociétés, au Sénégal et au Cameroun, bénéficient déjà de ce soutien.