Nouvelle aide pour le cinéma africain

Un nouveau fonds de soutien au cinéma d’Afrique subsaharienne a été lancé 17 mai dernier à l’occasion du 56ème Festival de Cannes. Doté de 4 millions d’euros, il aidera toute la filière de production d’images. Une bonne nouvelle pour l’Afrique noire.

 » Africa Cinémas « , c’est le nom choisi pour un nouveau soutien aux cinématographies de l’Afrique subsaharienne par l’Union Européenne, le ministère français des Affaires étrangères et l’Agence Intergouvernementale pour la Francophonie. Son but : soutenir les images du continent noir mais aussi permettre aux réalisateurs de reconquérir leur public dans leur propre pays.

La mise en place de ce nouveau fonds a été annoncée le 17 mai au matin lors de l’inauguration du Pavillon Cinémas du Sud au 56ème festival de Cannes, par deux ministres français, Pierre André Wiltzer, pour la Francophonie et de la Coopération, et Jean-Jacques Aillagon à la Culture. Il ne s’agit pas uniquement d’un effet d’annonce, car 4 millions d’euros seront désormais mobilisés chaque année pour soutenir le cinéma Africain.

Distribution, le maillon faible

Le intérêt de ce soutien est double : tout d’abord il est envisagé uniquement pour les pays d’Afrique subsaharienne, qui sont ceux qui en ont le plus besoin. Ensuite, il touchera toute la filière de production d’images sur tout support. Ainsi le Fonds Image Afrique aidera les films au stade de la production avec 6 millions d’euros sur trois ans. Une commission de professionnels présidée par le réalisateur Idrissa Ouedraogo (du Burkina Faso, présent à Cannes) attribuera les aides dès janvier 2004.

La distribution des films, maillon essentiel de la chaîne, n’est pas oubliée : Africa Cinéma, à compter du 1er juillet prochain, permettra, chaque année, de donner des moyens de distribution en Afrique à une douzaine de films africains (1,5 million d’euros). Ce fonds sera présidé par le producteur Jacques Perrin et géré par l’association Europa Cinémas (qui soutient la circulation des films européens en Europe).

Question de démocratie

Des mécanismes d’aides aux exploitants sont également prévus : il n’y a pas si longtemps Bye Bye Africa, du Tchadien Mahamat Saleh Haroun, montrait son héros de retour après dix ans d’exil dans son propre pays et retrouvant toutes les salles de cinéma fermées ou détruites… Enfin, la télévision, vecteur important de la transmission des images sur le continent fera l’objet d’une aide de 3 millions d’euros sur trois ans (coordonnée par Canal France International), ces ressources étant bien sûr réservées pour les programmes nationaux.

Cheikh Oumar Sissoko, réalisateur, mais également ministre de la Culture du Mali, se réjouit de la naissance de cette nouvelle initiative, qui s’ajoute au soutien du Fonds Sud déjà existant :  » L’Union Européenne et l’Afrique ont une vraie volonté de construire une passerelle mais engagez-vous plus encore ! L’Afrique a beaucoup à apporter, nous l’avons montré dans le domaine de la musique. Nous luttons contre la disparition de nos valeurs et de nos symboles. La diversité culturelle est une question de démocratie, elle construit la paix de demain « .

Contacts pour les soutiens :

Fonds Images Afrique (production) : marguerite.hitier@diplomatie.gouv.fr pour la télévision et yves.bourguignon@diplomatie.gouv.fr pour le cinéma

Africa Cinémas (pour la distribution) : christian.boudier@diplomatie.gouv.fr

Plan de soutien aux télévision africaines : marguerite.hitier@diplomatie.gouv.fr et Serge Adda pour canal France International ccr@cfi.fr