Affaire Mama Galledou : la lumière commence à se faire

Le procès à huis clos pour l’incendie criminel d’un bus à Marseille, en octobre dernier, a connu un tournant décisif mercredi avec le passage aux aveux d’un des six coaccusés. Des aveux qui constituent un début de réponse aux questions que se pose la principale victime, Mama Galledou qui a été gravement brûlée.

L’un des six accusés impliqués dans l’incendie criminel d’un bus à Marseille, dans la soirée du 28 octobre 2006, a avoué mercredi qu’il était à l’origine du drame lors du procès à huis clos qui se déroule devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône (Sud de la France). Un drame dont Mama Galledou, jeune Franco-sénégalaise de 27 ans, est la principale victime. Elle a été brûlée aux deuxième et troisième degrés sur 62% du corps. Pressé par sa propre mère, après les appels de la mère et du frère de Mama Galledou, le jeune homme a fini par avouer qu’il avait lancé le mouchoir enflammé dans le bus 32 qui avait été aspergé d’essence. Le jeune homme pensait alors qu’il n’y avait plus personne dans le véhicule. Mais son père, tout comme sa tante, estime que cet aveu n’est pas spontané. Cette dernière estime qu’il a voulu « couvrir quelqu’un ».

Premiers aveux, premiers éclaircissements

Ce témoignage reste néanmoins une première dans une affaire où aucun des suspects n’a jusqu’ici voulu éclairer la justice sur le déroulement de ces évènements dramatiques, souvent par crainte de représailles. Il constitue également un début de réponse aux interrogations légitimes de Mama Galledou et de sa famille. Selon l’avocat de l’accusé, Me Mattei, les déclarations de son client ne font pas pour autant de lui le principal responsable dans cette affaire. « Il n’a pas eu le premier rôle, on reste dans un phénomène de groupe », a-t-il souligné. Mineurs au moment des faits, les six jeunes gens encourent une peine de 30 ans de prison, 15 ans si l’excuse de minorité est retenue. Le verdict devrait être prononcé vendredi. Dans cette affaire, deux autres jeunes gens ont été condamnés à huit ans de prison par le tribunal pour enfants de Marseille.