
L’Algérie a été retirée de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) en juin 2026, à l’issue d’une évaluation de ses dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Cette décision intervient après plusieurs réformes engagées par les autorités. Le Président Abdelmadjid Tebboune a réagi en saluant une reconnaissance internationale des efforts fournis.
L’Algérie ne figure plus sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), organisme international chargé d’évaluer les politiques de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Cette décision a été actée lors de la session plénière tenue le 19 juin 2026. Le retrait du pays intervient après une période de surveillance entamée en 2024, au cours de laquelle les autorités ont engagé plusieurs réformes structurelles.
Une sortie validée après évaluation internationale
Le GAFI a indiqué que l’Algérie a satisfait aux exigences fixées dans le cadre de son plan d’action. Les mesures adoptées concernent notamment le renforcement des mécanismes de contrôle dans les secteurs bancaire, immobilier et des assurances. L’organisation a également relevé des progrès dans l’identification des bénéficiaires effectifs des entreprises.
Les autorités algériennes ont mis en place des dispositifs visant à améliorer le suivi des transactions financières et à détecter les opérations suspectes. Des mécanismes spécifiques ont également été introduits pour cibler les circuits de financement liés au terrorisme, conformément aux standards internationaux en vigueur.
Des réformes engagées depuis 2024
L’inscription de l’Algérie sur la liste grise en 2024 faisait suite à des insuffisances relevées dans son dispositif de lutte contre la criminalité financière. Les évaluations faisaient état de lacunes dans la supervision, ainsi que d’un cadre juridique jugé incomplet ou inadapté. À partir de cette période, les autorités ont adopté de nouveaux textes réglementaires afin d’aligner le système national sur les normes internationales.
Des programmes de formation ont été lancés pour les acteurs concernés, tandis que les institutions de régulation ont bénéficié de renforts humains afin d’améliorer leurs capacités opérationnelles. Le placement d’un pays sur la liste grise du GAFI entraîne des conséquences sur ses relations économiques et financières internationales. Les transactions font l’objet d’une vigilance accrue de la part des partenaires et des institutions financières.
Un impact direct sur les relations financières
Durant la période de surveillance, plusieurs indicateurs ont été suivis afin de mesurer l’efficacité des évolutions engagées. Le retrait de la liste intervient après la validation de ces évolutions, confirmant la conformité des dispositifs algériens aux exigences du GAFI. L’Algérie n’est pas le seul pays africain à avoir quitté la liste grise récemment. Au cours des dernières années, plusieurs États du continent ont été retirés après avoir mis en œuvre des chantiers similaires.
Parmi eux figurent le Burkina Faso, le Mozambique, le Mali, le Nigeria, l’Afrique du Sud et la Tanzanie. En parallèle, d’autres pays africains restent soumis à une surveillance renforcée. Il s’agit notamment de la République démocratique du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Soudan du Sud, de l’Angola et du Kenya, toujours inscrits sur la liste grise à ce jour.
Une surveillance maintenue après le retrait
Le retrait de la liste grise ne met pas fin au suivi exercé par le GAFI. L’organisation prévoit des mécanismes d’évaluation continue afin de vérifier le maintien des réformes engagées. Les autorités nationales doivent ainsi poursuivre les efforts en matière de contrôle et de transparence. Les dispositifs mis en place font l’objet d’un suivi par les instances régionales compétentes. Cette surveillance vise à s’assurer que les progrès enregistrés sont durables et que les normes internationales restent appliquées dans la durée.
Le Président Abdelmadjid Tebboune s’est exprimé sur cette décision lors du Conseil des ministres du 21 juin 2026. Il a adressé ses remerciements au ministre des Finances, au gouverneur de la Banque d’Algérie ainsi qu’à l’ensemble des acteurs du secteur financier impliqués dans les réformes. Le chef de l’État a également rappelé que cette évolution constitue une reconnaissance des efforts entrepris depuis plusieurs années.
Maintien d’un niveau élevé de vigilance
« Cette décision constitue une reconnaissance internationale attestant que l’Algérie s’est aujourd’hui, définitivement et de manière irréversible, affranchie de l’ère du blanchiment d’argent et des crimes liés aux mouvements de capitaux », a dit le Président algérien. À l’issue de cette annonce, des orientations ont été données aux responsables concernés. Les ministères des Finances et de la Justice ont été appelés à maintenir un niveau élevé de vigilance dans le suivi des transactions financières.
Les autorités ont été chargées de veiller à l’application rigoureuse des règles en matière de transparence et de prévention des infractions financières. Ces instructions s’inscrivent dans la continuité des réformes engagées depuis 2019, visant à renforcer les mécanismes de contrôle et à consolider le cadre réglementaire algérien.





