
Trois personnes sont mortes et treize ont été blessées, jeudi 6 août, dans la chute d’un autobus au fond d’un ravin sur la RN79, entre Constantine et Mila. L’accident survient six jours après le drame de Boumerdès et cinq jours après celui de Timimoun, portant à au moins 34 morts et 95 blessés le bilan cumulé des accidents de transport de voyageurs enregistrés en Algérie depuis le 31 juillet.
Un troisième bus sorti de la route en une semaine
L’autocar circulait sur la RN79, à hauteur de la commune de Ben Ziad, en direction de Mila, lorsqu’il a dérapé avant de quitter la chaussée tôt ce jeudi matin. Il a fini sa course au fond d’un ravin. La Protection civile, alertée à 5 h 19, a mobilisé deux camions d’intervention et dix ambulances pour porter secours aux passagers, évacuer les blessés et dégager les victimes du véhicule accidenté. Le bilan provisoire s’établit à trois morts et treize blessés.
Les causes de la sortie de route n’ont pas encore été établies. Aucun élément officiel ne permet à ce stade de privilégier une défaillance mécanique, un excès de vitesse, l’état de la chaussée ou une erreur de conduite. Une enquête doit déterminer les responsabilités, notamment l’état technique du véhicule et le respect de la réglementation par l’opérateur.
Boumerdès et Timimoun, deux drames à peine refermés
L’accident de Ben Ziad intervient alors que le pays n’a pas fini de faire le compte de deux catastrophes survenues la même semaine. Le 31 juillet, un autocar assurant la liaison Sétif-Alger a quitté la route et chuté dans un ravin au lieu-dit El Kerma, dans la wilaya de Boumerdès. Le bilan, arrêté à 28 morts et 36 blessés selon le communiqué du parquet général de Boumerdès publié le 2 août, a été revu à la hausse à plusieurs reprises dans les jours qui ont suivi la catastrophe.
L’enquête a établi que le véhicule transportait 64 personnes, treize de plus que sa capacité réglementaire de 51 places, et roulait à plus de 121 km/h dans une zone limitée à 60 km/h. Le chauffeur, mort dans l’accident, a été retrouvé positif à plusieurs substances stupéfiantes et deux comprimés psychotropes ont été découverts dans ses vêtements.
Le lendemain, samedi 1er août, une collision entre un autocar assurant la liaison Batna-Adrar et un poids lourd a fait quatre morts et 43 blessés sur la RN51, dans la wilaya de Timimoun.
En intégrant l’accident de Ben Ziad, le bilan s’établit désormais à au moins 34 morts et 95 blessés pour ces trois accidents en une semaine. Un chiffre susceptible d’évoluer selon l’issue des enquêtes en cours et l’état des personnes hospitalisées.
Une série qui interroge le contrôle des transporteurs
Les circonstances de chaque accident diffèrent, mais les révélations de l’enquête sur Boumerdès pointent des défaillances connues : surcharge, excès de vitesse, absence de contrôle de l’aptitude des conducteurs. Neuf mois plus tôt, une instruction présidentielle avait pourtant imposé des dépistages inopinés de stupéfiants aux conducteurs professionnels de cars, de taxis collectifs et de poids lourds. Le dispositif n’a pas empêché le drame du 31 juillet.
Le gouvernement annonce un renforcement des contrôles après chaque accident mais la succession des drames en l’espace d’une semaine pose désormais la question de leur application effective sur le terrain.




