
A l’occasion de la célébration du 1er mai 2026, les principales centrales syndicales de Côte d’Ivoire ont déposé un cahier de doléances historique entre les mains du Premier ministre Robert Beugré Mambé, avec en ligne de mire la pérennisation des acquis sociaux des fonctionnaires, l’obtention d’un 13ème mois et de primes trimestrielles…
La place de la Primature, à Abidjan, dans le quarier du Plateau, a servi de cadre mercredi 29 avril 2026 au matin à une cérémonie de remise de cahiers de doléances empreinte d’une ferveur particulière. Sous le regard attentif de la Ministre d’État, Ministre de la Fonction Publique, Anne Désirée Ouloto, et du Ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale, Maître Adama Kamara, les leaders syndicaux ont formulé des exigences claires pour améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs, face à un gouvernement qui n’a pas toujours été tendre vis-à-vis des grévistes au cours des dernières années.
La revendication la plus marquante de cette édition 2026 est portée par Mamadou Soro, Secrétaire général de la centrale syndicale Humanisme. Il a en effet officiellement demandé la transformation de la prime exceptionnelle de fin d’année (communément appelée « prime ADO »), instaurée par le décret présidentiel du 6 août 2022, en un véritable 13ème mois de salaire.
A un moment où l’économie ivoirienne connaît une forte croissance, l’idée d’en partager les fruits fait son chemin… « Il s’agit de donner un caractère permanent et institutionnel à ce qui était jusqu’ici une gratification exceptionnelle. Le travailleur ivoirien a besoin de lisibilité sur ses revenus », a plaidé Mamadou Soro face au chef du gouvernement.
Parallèlement, Yoli Bi Koné, figure de proue de la FESACI (Fédération des Syndicats Autonomes de Côte d’Ivoire), a insisté sur l’instauration d’une prime trimestrielle pour l’ensemble des fonctionnaires et agents de l’État, sur le modèle de ce qui existe déjà dans certains secteurs spécifiques comme les régies financières. Cette mesure viserait à compenser l’inflation persistante constatée au cours du premier trimestre 2026.
Le Premier ministre Robert Beugré Mambé a officiellement pris acte de ces demandes en fixant un agenda de négociation précis qui débute le 1er mai 2026 par la réception des cahiers de doléances, se poursuivra le 15 mai 2026 par l’ouverture des sessions de travail entre les experts techniques du ministère de la Fonction Publique et les secrétaires généraux des centrales, pour aboutir à la fin du mois de juin 2026 à un arbitrage budgétaire déterminant la faisabilité de ces mesures dans le cadre de la loi de finances rectificative qui amendera le Budget de l’État pour 2026.
Alors que l’entrepreneuriat privé est un des leviers vitaux du développement économique ivoirien, les fonctionnaires ne veulent laisser passer le train de la croissance… C’est pourquoi dans son discours de clôture, le Premier ministre a salué la « maturité » du dialogue social en Côte d’Ivoire. S’il n’a pas pris d’engagement ferme sur le 13ème mois, il a rappelé que depuis les accords historiques de août 2022, plus de 1 100 milliards de FCFA ont été consentis par l’État pour le bien-être des fonctionnaires.
« Nous allons examiner chaque point avec la rigueur budgétaire nécessaire, mais aussi avec le cœur, car nous connaissons les défis du quotidien », a conclu Robert Beugré Mambé.
L’attention des 250 000 fonctionnaires ivoiriens est désormais tournée vers les conclusions des comités techniques qui débuteront leurs travaux dans deux semaines.



