Mali : jugement en France d’un apprenti djihadiste à la dérive

Ibrahim Ouattara a comparu, ce mardi, devant le tribunal correctionnel de Paris pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes ». Il est arrêté le 3 novembre 2012 à Sévaré, dans le centre du Mali, alors qu’il tentait de rejoindre les islamistes extrémistes du nord de ce pays.

Un jeune Français d’origine malienne de 26 ans était entendu, ce mardi, par le tribunal correctionnel de Paris pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes ». Ibrahim Ouattara a tenté, à plusieurs reprises, de rejoindre les rangs des extrémistes islamistes à travers le monde sans jamais y parvenir. Le 3 novembre 2012 il est arrêté au Mali alors qu’il tente de rejoindre le nord du pays pour aller se battre aux côtés des djihadistes.

« Je ne sais pas me battre »

Il comparait avec un ami, Khalifa Dramé, et Hakim Soukni, soupçonnés d’avoir voulu le rejoindre au Mali. Il a de nouveau renoncé à se défendre lors de ce procès. « Est-ce que je soutiens moralement, bien sûr, mais je ne sais pas me battre », a indiqué Ibrahim Ouattara. Il a expliqué être d’accord avec « les opérations martyrs » et estimé que « les Maliens qui ont voulu appliquer la charia, ça ne regarde qu’eux », rapporte maliactu.

Membre d’une fratrie de cinq enfants, de père inconnu, il a une enfance difficile pendant laquelle il est maltraité par sa mère. A plusieurs reprises, il est placé en foyer : à deux ans puis à l’âge de 13 ans. Il tente à cinq reprises de rejoindre une terre de djihad, notamment le Pakistan, l’Afghanistan ou la Somalie. Il n’arrive pourtant pas à ses fins alors que, pas préparé et ne parlant pas la langue, il se fait chasser par les mouvements djihadistes qu’il rencontre.

L’expertise psychologique d’Ibrahim Ouattara a dévoilé une « faille identitaire », que la religion a comblé. « Le djihad et mourir en martyr était devenu un projet de vie », indique le rapport qui met en avant un côté dépressif de l’accusé ainsi qu’une « totale absence d’empathie ». « Certains c’est la drogue, d’autres l’alcool, moi la religion », avait-il déclaré. Il avait assuré à la cour être « bien en prison. Je peux rester dix ans, vingt ans. Si je prends dix ans, je signe avec un grand sourire », selon l’AFP.