France : six ans de prison requis contre l’apprenti djihadiste

Le procureur du tribunal correctionnel de Paris a requis une peine de six ans de prison ferme contre Ibrahim Ouattara, jeune Français de 26 ans arrêté au Mali en 2012. Il tentait de rejoindre les islamistes extrémistes du nord du pays.

Ibrahim Ouattara est jugé devant le tribunal correctionnel de Paris, depuis mardi, en compagnie de deux complices présumés, pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes ». Le procureur a requis six ans de prison contre cet apprenti djihadiste à la dérive qui a tenté à plusieurs reprises de rejoindre une terre de djihad. De 2009 à 2010, il essaie vainement de rejoindre le Pakistan, l’Afghanistan ou en encore la Somalie, ce qui lui vaut une première arrestation par la police française et une condamnation à sept ans de prison. Il est en liberté conditionnelle quand il est arrêté le 3 novembre 2012 à Sévaré par la gendarmerie malienne, dans le centre du pays.

« Je veux aller au paradis »

Ce jeune Français d’origine malienne a décrit son enfance difficile devant le tribunal où il a voulu se défendre seul, indiquant à son avocat commis d’office qu’il n’avait pas besoin de ses services. « Je n’ai pas connu mon père, et ma mère me battait à coups de ceinture. J’ai été placé en foyer et là, j’ai connu d’autres violences. J’étais perdu jusqu’à ce que je rencontre l’islam qui a apporté des réponses à mes questions », a-t-il expliqué. « L’islam promet le paradis et moi, je veux aller au paradis », a-t-il simplement déclaré, selon RFI.

Il comparait en compagnie de deux amis, Khalifa Dramé et Hakim Soukni, qui sont accusés d’avoir voulu le rejoindre. Le procureur, pour justifier sa décision, a évoqué des « filières djihadistes dont on parle tant dans l’actualité » et qui « créent dans la population un vrai sentiment de peur » quand les Français qui ont combattu à l’étranger reviennent sur le territoire français. « Quand on rejoint de telles zones, on sait où on va et pourquoi on y va », a-t-il insisté. Le procureur a réclamé une confusion des peines entre cette dernière requise et celle de sept ans de prison. La peine la plus faible serait donc absorbée par la plus forte.

« Il a besoin d’être encadré »

Khalifa Dramé et Hakim Soukni ont été condamnés à quatre ans de prison ferme. Le premier a été décrit par le procureur comme « un candidat extrêmement motivé pour le djihad, et un relais et soutien efficace pour Ouattara ». Son avocat, Maître Zoé Royaux, a appelé les juges à ne pas faire de lui « une proie facile en détention » pour une nouvelle radicalisation islamiste, alors qu’il déclare en être revenu. Il est nécessaire de « le remettre à sa famille en l’encadrant, car il a besoin d’être encadré », a conclu Maître Royaux, selon l’AFP.

« J’ai cette conviction que la lutte armée est nécessaire, si on ne m’apporte pas la preuve du contraire, je persisterai dans cette voie. Quelle que soit la décision que vous allez prendre, ça m’est égal », a déclaré Ibrahim Ouattara.