La vitrine internationale de la mode africaine


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La quatrième édition du Festival international de la mode africaine se tiendra au Niger du 3 au 8 décembre. L’initiateur de l’événement, le couturier nigérien Alphadi, revient sur le retour du Fima sur ses terres et sur l’importance de ses retombées économiques dans le pays.

Le Festival international de la mode africaine rentre au Niger. Il se tiendra du 3 au 8 décembre sur l’île Boudon à 25 km à l’ouest de Niamey. Après le couac gabonais de 2002, la quatrième édition du genre retrouve définitivement les berges du fleuve Niger pour continuer le même combat : démontrer le savoir-faire et l’excellence des créateurs africains. Maître d’œuvre du festival, le couturier nigérien Alphadi insiste sur le rôle de moteur économique du Fima.

Afrik : Le Fima devait initialement se tenir au Gabon. Pourquoi cela ne s’est-il pas fait ?

Alphadi :Les Gabonais sont nos parents et nos frères. Nous avions travaillé un an pour préparer ce Fima que nous voulions faire en pleine forêt afin de célébrer la rencontre de l’Afrique du désert et celle de la forêt. Mais le site n’a pas pu être prêt à temps pour recevoir les festivaliers. Le Niger a accepté de reprendre le Festival qui restera désormais un événement nigérien et aura lieu tout les deux ans dans le pays.

Afrik : Le Fima ne quittera donc plus le Niger ?

Alphadi : Nous voulons stabiliser le Fima au Niger. Pour qu’il soit au pays ce que le Fespaco (Festival panafricain de cinéma et télévision de Ouagadougou) ou le Siao (Salon internationale de l’artisanat de Ouagadougou) sont au Burkina Faso. Il devrait toutefois y avoir une édition l’année prochaine au Gabon, à la demande des autorités. Dans le cadre de l’amitié entre les deux pays, nous irons. Si le Fima reste résolument nigérien, cela ne nous empêche pas de l’exporter à New York, à Paris, au Brésil ou ailleurs pour vendre à l’extérieur l’image du continent africain en général et celle du Niger en particulier.

Afrik : Les grandes agences internationales de mannequins participeront-elles au Festival ?

Alphadi : Nous travaillons avec l’agence Elite qui a créé cette année une agence panafricaine au Kenya et qui souhaite en faire de même en Afrique de l’Ouest. Les agences Next, Ford et Metropolitan, entre autres, seront également au Fima. Je tiens à préciser que les tops models qui font le déplacement, viennent gratuitement. Il s’agit là d’un acte militant que les mannequins ont décidé de faire pour apporter leur contribution à l’événement. Pour que le Fima soit une réalité.

Afrik : Quels sont les impacts économiques du Fima au Niger ?

Alphadi : La mode fait partie des industries culturelles. Industries culturelles que malheureusement beaucoup de gouvernements africains négligent. Un festival comme le Fima draine derrière lui de nombreux secteurs connexes tels que l’hôtellerie, l’hébergement, le transport, l’artisanat. L’événement est une locomotive économique à laquelle on peut accrocher plusieurs wagons. Le Fima est un véritable vecteur de développement auquel nous avons inclus un volet formation. Avec l’appui de l’Etat, nous avons initié la création d’une école africaine de la mode et des arts au Niger, dont la première pierre sera posée pendant le festival.

Afrik : Le Fima milite pour la reconnaissance de la mode africaine sur le plan international, mais n’y a-t-il pas un problème de reconnaissance de la part des Africains eux même qui boudent les créateurs africains ?

Alphadi : Tout à fait. Les présidents africains portent rarement des costumes africains. C’est le même problème avec les Africains de Paris ou de la diaspora. Ils ont honte de porter la mode africaine. Je ne suis pas contre le fait qu’ils achètent du Cherruti, du Kenzo ou d’autres grandes marques internationales mais il faudrait aussi qu’ils reconnaissent l’honorabilité des créateurs africains et qu’ils les encouragent en achetant leurs vêtements. L’Afrique n’est pas un village c’est un continent, si on pouvait avoir ce marché ça serait déjà très bien.

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