25 juillet 2017 / Mis à jour à 14:21 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux
Cameroun - Justice - Politique
Marafa Hamidou Yaya, nouveau "Président du Cameroun"

L’ancien ministre de l’Administration territoriale comparaît au tribunal. L’ancien ministre de l’Administration territoriale, Marafa Hamidou Yaya, incarcéré depuis avril dans la capitale camerounaise, Yaoundé, a été convoqué pour la première fois devant le tribunal. De nombreux Camerounais massés devant le tribunal et qui l’ont proclamé Président de la République lui ont rendu un vibrant hommage.

(De notre correspondant)

Evènement exceptionnel ce lundi 16 juillet au palais de justice de Yaoundé-Centre administratif. De nombreuses personnes, la plupart des jeunes, étaient massées devant le palais, depuis sont ouverture, dans l’attente de Marafa Hamidou Yaya. L’avocat de cet ancien ministre de l’Administration territoriale avait annoncé quelques jours auparavant que son client serait bel et bien présent au tribunal ce jour. Une annonce qui justifie la présence de nombreux curieux, des journalistes, plusieurs citoyens qui ont tôt fait de prendre fait et cause pour Marafa et accompagnent désormais son nom du titre de "Président".

L’arrivée après douze heures du nouveau "héros" d’une catégorie de Camerounais va soulever un vacarme prévisible. " Notre Président", "Excellence" "youyous" par ci, cliquetis et flash par là, usage de téléphone mobile ou de caméscope pour immortaliser la scène. Vêtu d’un costume sombre, l’air serein et tenant en main une pile de documents, le "Président" gratifie l’assistance de gestes de reconnaissance et monte les marches de l’escalier pour la salle d’audience. Il est suivi par une foule de curieux et journalistes qui envahissent à leur tour la salle.

« Pourquoi j’ai toujours refusé de déférer aux convocations »

Prenant la parole, Marafa Hamidou Yaya va présenter les raisons de son refus de déférer aux précédentes convocations du tribunal et du juge d’instruction chargé de son affaire. Dans le texte, dont copie a été remise à la presse, Marafa justifie son absence par l’impossibilité de joindre ses avocats après avoir reçu la convocation, compte tenu de ses mauvaises conditions de détention qui le privent de téléphone.

Marafa Hamidou Yaya est ensuite revenu sur le refus de la cour d’appel d’accéder à sa demande de récusation du juge d’instruction Pascal Magnaguemabe, chargé de son affaire, en s’engageant désormais à respecter la décision de cette cour. « D’autre part, mon mandat de détention n’indiquait pas le motif précis de mon inculpation et de mon incarcération ; et le juge me refusait l’accès aux pièces de procédure du dossier d’instruction. Pièces que je n’ai toujours pas reçues au demeurant. Mes avocats l’ont saisi à maintes reprises à cet effet, mais en vain. Le 26 juin, soit 70 jours après mon arrestation, le juge d’instruction a rendu son ordonnance de renvoi », avance-t-il pour justifier son comportement.

Il va achever son propos en réitérant toute sa disponibilité et tout son engagement à contribuer et à collaborer pleinement avec le tribunal afin que triomphe la vérité. Marafa est poursuivi, avec quatre autres personnes pour "co-action de détournement de deniers publics" pour un montant de l’ordre de 15 milliards de FCFA (environs 23,5 millions d’euros) relatif à l’achat d’un avion pour les déplacements du président Paul Biya. Le procès a été renvoyé au 24 juillet. Marafa est ainsi devenu célèbre à la suite des quatre lettres ouvertes publiées depuis son incarcération le 16 avril. Ces lettres mettent à nu les pratiques mafieuses qui entourent la gestion du Cameroun.

L’ancien ministre est reparti du palais de justice comme il est arrivé, sous les acclamations de la foule. Il n’a alors pas hésité à échanger dans sa langue maternelle avec quelques personnes, les rassurant quant à l’avenir, comme tout bon Président de la République.

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