Augmentation des prix des carburants au Maroc : les transporteurs répercutent la hausse


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Au Maroc, les usagers de la route n’ont toujours pas digéré la décision du gouvernement d’augmenter les prix des carburants. Aujourd’hui, ce sont plusieurs syndicats de transport qui ont à leur tour pris la décision unilatérale d’augmenter les tarifs des courses des taximen et des transporteurs.

Une protestation collective était prévisible, elle est aujourd’hui une réalité. Après les usagers de la route, c’est au tour des transporteurs de crier leur colère suite à l’augmentation des prix des carburants décidée par le gouvernement d’Abelilah Benkirane. A Casablanca, après une marche de protestation organisée lundi dernier par les syndicats de transport, ceux-ci sont désormais passés à l’acte et ont pris la décision unilatérale d’augmenter les tarifs des courses des taximen et des transporteurs. Une décision totalement illégale. Le transport interurbain est réglementé par le ministère de l’Equipement et du Transport, or celui-ci n’a pas donné son aval. Le wali et le gouverneur de la région n’ont, eux-non plus, pas donné leur accord.

Pour leur défense, Mohamed Mitali, président de l’Union des fédérations nationales des conducteurs et des professionnels du transport, a affirmé, dans le quotidien Aujourd’hui le Maroc, qu’ils n’ont pas eu le choix. « Il est certain que l’augmentation des tarifs de courses n’est pas réglementaire mais nous n’avions pas d’autres choix », a-t-il argumenté. « La récente hausse des prix des carburants a augmenté d’une manière significative les charges des chauffeurs de taxis. Ces derniers devront débourser au quotidien 50 dirhams de plus (4,50 euros, ndlr) », ajoute-t-il.

Mais certains syndicats de transporteurs s’opposent à cette hausse des tarifs. « Nous sommes en négociation avec le ministère de l’Intérieur à travers les walis et les gouverneurs pour évaluer l’impact de la décision du gouvernement d’augmenter les prix de l’essence et du gasoil à la pompe. Le but est de trouver une solution équitable pour les chauffeurs des taxis », a indiqué de son côté Mohamed El Herrak, secrétaire général du Syndicat national des chauffeurs de taxis, affilié à la CDT (Confédération démocratique du travail). Depuis vendredi dernier, les syndicalistes et les représentants des autorités locales sont en discussion afin de trouver un terrain d’entente. « Nous avons proposé que les chauffeurs des taxis bénéficient du gasoil professionnel. Si l’application de cette proposition n’est pas possible, nous allons discuter alors de la possibilité d’augmenter les prix de la course », a ajouté M. El Herrak.

Une décision risquée

Cette hausse des tarifs des transporteurs et taximen casablancais peut être à double tranchant. A Casablanca, la concurrence est rude en matière de transport. Les transports urbains en bus n’ont pas augmenté leurs tarifs. De plus, le tramway devrait être opérationnel d’ici à fin 2012, sachant que celui de Rabat est déjà sur les rails. Cet accroissement de concurrence est un risque à évaluer.

Le ministre délégué chargé des Affaires générales et de la gouvernance, Mohamed Najib Boulif, a immédiatement réagi à la décision des syndicats, en direct à la télévision. « Les prix des courses des taxis sont réglementés par des lois. Les responsables d’une hausse des prix en dehors de la procédure en vigueur devront assumer leurs responsabilités », a-t-il assuré mardi dernier.

A ce jour, une bonne partie des Marocains ne comprend toujours pas la décision de Benkirane d’augmenter les prix des carburants, et ce, même après l’intervention du Premier ministre le 6 juin, pendant près d’une heure, en direct et en simultané sur les deux premières chaînes, 2M et Al Oula. Désormais, ce sont les Marocains utilisant les transports en commun qui sont directement visés. Au final, que ce soit au volant ou à l’arrière d’un taxi, tous auront à dépenser plus pour se déplacer dans le royaume.

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