25 avril 2014 / Mis à jour à 09:56 - Paris  Newsletter  Alertes e-mail  English edition  Flux
Malawi - Politique
Le Président du Malawi, Bingu wa Mutharika, est décédé

Joyce Banda, la vice-présidente, devrait diriger le pays. Le Président du Malawi, Bingu wa Mutharika, est décédé ce vendredi à l’âge de 78 ans des suites d’un arrêt cardiaque. Selon la Constitution, c’est à la vice-Présidente, Joyce Banda, que revient le devoir de gouverner le pays jusqu’aux prochaines élections en 2014.

Le président malawite, Bingu wa Mutharika, est mort vendredi matin à l’âge de 78 ans après huit ans au pouvoir. Il a été victime d’une crise cardiaque jeudi matin au palais présidentiel. Selon un responsable de l’hôpital de la capitale Lilongwe, le président « est mort (...) après minuit, après deux heures (de tentatives) pour le réanimer », rapporte l’AFP. « Son corps a été transporté en Afrique du Sud pour être embaumé et afin que le processus soit digne », a confirmé un responsable gouvernemental. Aucun bulletin de santé n’a été publié, quant à l’annonce de sa mort aucune déclaration officielle n’a pour le moment été formulée.

Démocrate ou dictateur ?

Né le 24 février 1934 dans le district de Thyolo, à trente kilomètres de la capitale commerciale du Malawi, Blantyre, Bingu wa Mutharika débute sa carrière politique sous la dictature de Hastings Kamuzu Banda (1964-1994) contre laquelle il lutte fortement. Il co-fonde le Front démocratique uni (UDF), un mouvement pro-démocratie, qu’il quitte en 1999.

Economiste de formation, il a travaillé pour plusieurs organisations internationales dont la Banque mondiale avant de devenir le président du Malawi en 2004. Il est réélu en 2009 en parti grâce à son programme en faveur des agriculteurs. Lors de son second mandat, il fait adopter des lois qui restreignent la liberté de la presse, la possibilité de poursuivre l’administration en justice et le droit de manifestation.

Le 18 juillet 2011, soit deux jours avant les émeutes meurtrières dans certaines grandes villes du Malawi, il accorde une interview à l’AFP dans laquelle il déclare ne pas être un « dictateur ». « Je suis une personne très ouverte. Je consulte tout le monde (…) Mais il faut aussi de la discipline. Aucune nation sur cette terre ne peut fonctionner sans discipline. La dictature n’est pas dans ma nature. Je suis un démocrate pur et dur », déclarait alors le défunt président. Lors de ces affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, la police tire à balles réelles et fait 19 morts.

En mars, la pénurie de carburant et de devises étrangères, amènent des opposants à demander la démission du président en dénonçant sa dérive autoritaire. En réponse, Bingu informe les Malawites qu’il ne démissionnera pas de son poste avant la fin de son mandat en 2014. « Si vous étiez là il y a sept ou dix ans, vous constateriez maintenant, vous voyez que les choses changent, que le développement progresse », disait-il peu avant sa mort.

Joyce Banda, présidente par intérim

La Constitution indique qu’en cas d’incapacité ou de décès du président, c’est au vice-président que revient la charge de diriger le pays. Joyce Banda, devrait donc, en toute logique, prendre la présidence du Malawi jusqu’aux prochaines élections en 2014.

Ancienne alliée de Mutharika, Joyce Banda est devenue l’un de ses principaux opposants et a créé son propre parti, le Parti du peuple. Bingu wa Mutharika l’avait d’ailleurs exclue de son parti, le Parti démocratique progressif en 2010 avec pour ambition de vouloir la remplacer par son propre frère, Peter Mutharika. Cette exclusion avait largement été critiquée par l’opinion publique qui voyait une tentative de vouloir concentrer le pouvoir dans les mains du président et de sa famille. Aujourd’hui ministre des Affaires étrangères du Malawi, Peter Mutharika, représentera les couleurs du Parti démocratique progressif aux élections de 2014.


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