
Inculpé dans le cadre de l’enquête sur la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, le député Soumaïla Sounon Boké a comparu mardi devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. À l’issue de cette première audience, la juridiction a décidé de renvoyer l’examen du dossier au 24 février 2026.
L’effervescence était palpable ce mardi à Porto-Novo lors de l’ouverture d’un procès très suivi par la classe politique béninoise. Soumaïla Sounon Boké, parlementaire issu des rangs du parti d’opposition « Les Démocrates », a fait sa première apparition devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Premier prévenu à être entendu dans le cadre de l’enquête sur la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, l’élu a finalement vu son dossier renvoyé au 24 février 2026. Ce report prolonge une détention qui suscite déjà de vifs débats au sein de l’opinion publique.
Un message sur les réseaux sociaux au cœur de l’accusation
Le dossier repose essentiellement sur une brève publication numérique effectuée le jour même des troubles qui ont secoué le pays. Alors que le Bénin faisait face à une tentative de déstabilisation de ses institutions, Soumaïla Sounon Boké aurait partagé le message « C’est jour de fête » sur les réseaux sociaux et dans un groupe de discussion WhatsApp.
Pour le ministère public, ces quelques mots constituent une « apologie de crime contre la sûreté de l’État » et une « incitation à la rébellion ». À la barre, le député a fermement rejeté ces interprétations, affirmant que ses propos faisaient référence à des retrouvailles privées entre amis et rappelant son attachement indéfectible aux principes démocratiques.
La défense conteste la procédure de flagrant délit
Le ton est rapidement monté entre les avocats de la défense et le parquet concernant la forme de l’interpellation. Me Mousbaye Padonou et ses collègues contestent l’usage de la procédure de flagrance pour un homme arrêté le 23 décembre, soit plusieurs semaines après les faits présumés du 7 décembre.
Selon la défense, ce cadre juridique aurait été utilisé à tort pour contourner l’immunité parlementaire dont bénéficie normalement l’élu. Les avocats dénoncent un calendrier inhabituel et déplorent que leur client n’ait pas pu bénéficier d’un traitement respectant les prérogatives liées à sa fonction de député.
Un maintien en détention sous haute surveillance
Malgré les arguments développés pour obtenir une libération provisoire, la Criet a choisi de maintenir Soumaïla Sounon Boké derrière les barreaux. Les juges ont estimé que les nécessités de l’instruction justifiaient son maintien en détention préventive jusqu’à la prochaine audience.
La sortie du tribunal a d’ailleurs été marquée par un dispositif de sécurité impressionnant. Le prévenu, vêtu d’un ensemble blanc, a dû enfiler un gilet pare-balles avant d’être conduit sous escorte vers un fourgon cellulaire. Le rendez-vous est désormais pris pour la fin du mois de février, date à laquelle le fond de l’affaire sera de nouveau débattu.



