17 août 2017 / Mis à jour à 09:46 - Paris  Newsletter  /    Alertes e-mail  /    English edition  /    Flux
Etats-Unis - Grande-Bretagne - Ouganda - Homosexualité - Droits de l’Homme
Condamnation à mort des homosexuels : l’Ouganda fait marche arrière
Les autorités ougandaises prennent acte des protestations internationales. La proposition de loi ougandaise appelée « Anti-homosexuality Bill 2009 », qui visait à punir de peine de mort plusieurs actes homosexuels, pourrait être modifiée d’ici à janvier 2010, date de son vote par le Parlement ougandais. Les autorités ougandaises ont décidé jeudi de lâcher du leste devant la levée de boucliers internationale qu’a déclenché le projet de loi, depuis sa création, le 13 octobre dernier.

Les organisations de défense des droits gays et lesbiens peuvent souffler. Les autorités ougandaises ont décidé de revoir à la baisse les peines les plus extrêmes punissant l’homosexualité dans leur pays, contenues dans une proposition de loi appelée « Anti-homosexuality Bill 2009 ». Présentée aux députés ougandais le 13 octobre dernier, ce projet prévoyait des peines d’emprisonnement à vie et des peines de mort pour les homosexuels séropositifs, accusés « d’homosexualité aggravée ». Revenant sur ses pas, le ministre de l’ Éthique et de l’intégrité ougandais, James Nsaba Buturo, a affirmé ce jeudi que son pays « abandonnera la peine de mort et l’emprisonnement à vie pour les gays dans une version redéfinie de [sa] loi », dans une interview accordée à Bloomberg. Une déclaration qui intervient après que l’Ouganda ait essuyé durant deux mois de fortes critiques de la part des mouvements de défense des droits des homosexuels et des lesbiennes, mais aussi de la communauté internationale, pour avoir élaboré un tel projet.

Un projet de loi fortement critiqué

Aussitôt présenté au Parlement de Kampala (capitale ougandaise), l’« Anti-homosexuality Bill 2009 » s’est attiré les foudres des défenseurs des droits homosexuels du monde entier, à commencer par les capitales occidentales. Début novembre, une manifestation organisée à l’initiative d’Ougandais soutenus par les mouvements Lesbiennes, Gays, Bis, Trans (LGBT) s’était tenue à Londres pour dénoncer les « persécutions des minorités sexuelles », selon Act-Up France. D’autres manifestations ont par la suite suivi le mouvement, notamment à Washington, devant l’Ambassade de l’Ouganda aux États-Unis, et à New York, devant la résidence de la représentation ougandaise aux Nations Unies, le 19 novembre dernier.

Montés au créneau, plusieurs États, dont la France, les États-Unis et le Botswana pour ne citer qu’eux, ont vivement critiqué la proposition ougandaise. Les Américains ont ainsi dénoncé « un revers majeur » pour les droits de l’homme en Ouganda. A la pression politique s’est ajoutée la pression médiatique. Lors de la rencontre des 52 chefs de gouvernements membres du Commonwealth, le 27 novembre dernier, à Trinidad-et-Tobago, le Chef de l’État ougandais Yomeri Museveni, alors président de la réunion internationale, n’a pas échappé aux polémiques. La presse du Commonwealth n’a pas eu d’état d’âme à critiquer violemment l’« Anti-homosexuality Bill 2009 » et les autorités ougandaises, comme l’a fait le quotidien canadien Globe and Mail. Une mauvaise publicité qui est sans doute à l’origine de la marche arrière des Ougandais, dans un pays pourtant ouvertement homophobe.

L’Ouganda, un pays homophobe

Avec ou sans l’ « Anti-homosexuality Bill 2009 », la législation ougandaise en vigueur criminalise déjà l’homosexualité et promeut même la discrimination et la haine envers les gays et les lesbiennes. Depuis des années, les ONG tirent la sonnette d’alarme sur les violences commises à l’égard de ces populations. Or, si elle est adoptée en janvier prochain, la nouvelle loi pourrait aggraver la situation, puisqu’elle viendrait obliger les citoyens à dénoncer les faits homosexuels dans les 24 h après leur constatation, et ce, sous peine d’une amende de 500 000 shillings ougandais (200 euros). De telles mesures réactionnaires ne sont pas les premières à voir le jour en Ouganda. Il y a un an, le même ministre de l’Éthique et de l’Intégrité ougandais Nasba Buturo s’était déclaré en faveur de l’interdiction de la mini-jupe, vêtement jugé « indécent ». Les mouvements de défense des droits de l’homme ont encore du pain sur la planche.



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