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Le prix Nobel de littérature Naguib Mahfouz s’en est allé
L’intellectuel le plus connu d’Egypte est mort mercredi
Naguib Mahfouz, le prix Nobel de littérature en 1988, nous a quitté mercredi 30 août 2006 à l’âge de 94 ans. Il était l’intellectuel le plus célèbre d’Egypte et l’unique romancier de langue arabe à avoir reçu la célèbre distinction littéraire. Malmené par une insuffisance rénale et une pneumonie, Mahfouz avait dû être hospitalisé à maintes reprises. Naguib Mahfouz, qui sera inhumé jeudi nous laisse une cinquantaine de romans, dont un triptyque long de 1 500 pages.
L’Egypte et le monde littéraire pleurent Naguib Mahfouz. Le Prix Nobel de littérature s’est éteint mercredi à 08H00. Il avait été hospitalisé suite à une chute lui ayant occasionné une blessure à la tête. Placé en soins intensifs à l’hôpital de la police d’Agouza, un quartier du Caire, l’auteur égyptien, était sous respiration artificielle. Alors que son état semblait légèrement s’améliorer, Mahfouz n’a pas survécu à une énième complication rénale. Victime d’un premier arrêt cardiaque mardi à 17H00 il avait pu être réanimé. Malheureusement, la seconde attaque lui fut fatale. L’inhumation du romancier aura lieu jeudi à midi (09H00 GMT) dans la mosquée Al-Rashdan, sise dans le quartier de Madinet-Nasr au Caire. Le Président égyptien Hosni Moubarak, qui a rendu hommage au lauréat du prix Nobel de littérature 1988 en soulignant qu’il « a fait reconnaître la culture et la littérature arabes à travers le monde », devrait assister à la cérémonie religieuse. Issu d’une famille de la petite bourgeoisie, Naguib Mahfouz a vu le jour en 1911 à Gamaleyya, un quartier populaire du Caire. Après des études de philosophie à l’université du Caire, il commence, à 17 ans, à écrire et publie ses premiers essais dans les revues littéraires des années 1930. Il publia sa première nouvelle en 1939, avant d’obtenir un poste de fonctionnaire et de décider de se consacrer à la réécriture romanesque de l’histoire de son pays l’Egypte.Une cinquantaine de romans à son actif Naguib Mahfouz est connu pour ses touchantes descriptions de la capitale égyptienne. En habitué des ambiances bigarrées contemporaines du Caire, il savait mieux que personne mettre en scène sa ville au fil des récits. Mahfouz avait une cinquantaine de romans à son actif, au nombre desquels quelques fictions réalistes et autres œuvres de postures philosophiques. Sa trilogie, longue de 1 500 pages, qui regroupe Impasse des Deux-Palais, Le Palais du désir et Le Jardin du passé, est devenue un classique en 1952. Il y décrit les espoirs et les désillusions politiques d’une famille bourgeoise cairote sur trois générations entre 1917 et 1944. Porte-voix de la tolérance et de la modération, l’écrivain égyptien échappe de justesse, en octobre 1994, à une tentative d’assassinat à l’arme blanche. A l’époque âgé de 83 ans, Naguib Mahfouz s’était fait « poignardé dans le coup avec un canif » par Mohammad Nagui Moustafa, accompagné de Amr Mohammad Ibrahim, alors qu’il s’apprêtait à quitter son domicile. Cet attentat avait fait suite à l’ouvrage de Mahfouz intitulé les Fils de la Médina jugé blasphématoire pour ses références à Jésus, Moïse et Mahomet. Le roman fut interdit par les islamistes. Paralysé de la main droite, l’auteur avait cessé d’écrire, contraint de dicter ses textes. « Quand on a la foi, le cœur suffit à vous guider » « Je suis du côté de la connaissance, seule voie de salut dans cet océan houleux et effrayant d’ignorance dans lequel nous sommes appelés à vivre », disait-il lors d’une rencontre philosophique de l’UNESCO. En homme sage, ses ouvrages sont le prétexte d’une réflexion personnelle. A preuve, dans Impasse des deux palais : « Quand on a la foi, le cœur suffit à vous guider » ou « La vie est sage de nous tromper, car si elle nous disait dès le début ce qu’elle nous réserve, nous refuserions de naître ». Naguib Mahfouz est l’un des seuls intellectuels égyptiens à avoir approuvé les accords de paix entre l’Egypte et Israël en 1979. Une position qui lui a valu d’être boycotté dans de nombreux pays arabes. Homme de coeur et empli de sagesse, il n’avait pas hésité à divisé le chèque de la Fondation Nobel en quatre part égales. Une pour sa femme Attiyatullah, deux pour ses filles, et la dernière en faveur du peuple palestinien. BIBLIOGRAPHIE ’Abath al-aqdâr, roman 1939 (trad. française La Malédiction de Râ, 1998)
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