Zimbabwe : un billet de 100 000 dollars pour lutter contre l’inflation

La Banque centrale zimbabwéenne multiplie les grosses coupures pour faire face à l’inflation qui a dépassé, en avril, la barre des 1 000%. La mise en service d’un billet de 100 000 dollars zimbabwéens, à compter de ce jeudi, est la dernière mesure en date dans un pays au bord du gouffre, mais qui s’accroche.

Les Zimbabwéens ne savent plus quoi faire de leur argent, quand ils en ont, car 70% de la population est actuellement au chômage. Il déborde de leurs portemonnaies, mais ne vaut plus grand chose. L’inflation a atteint dans le pays de Robert Mugabe 1042,9% en avril selon l’Office central des statistiques (CSO). Une situation qui justifie le lancement, ce jeudi, du énième billet temporaire en trois ans que la Banque centrale du Zimbabwe met en service. Sa valeur : 100 000 dollars zimbabwéens (77 centimes d’euros). La validité du nouveau billet court jusqu’en décembre.

Au bord du gouffre…

La mesure pourrait être considérée comme pratique si elle ne mettait pas en lumière la gravité de la situation dans laquelle se trouve le pays. Les Zimbabwéens ont besoin de plus de la moitié de cette coupure pour s’offrir aujourd’hui une baguette de pain dans un pays qui se paupérise. Notamment à cause, selon le gouvernement, des sanctions économiques qui lui sont imposées depuis six ans par la communauté internationale en désaccord avec la politique de son Président, Robert Mugabe.

Cet ancien grenier de l’Afrique, mis à mal par la réforme agraire engagée en 2000, doit lutter ainsi régulièrement contre des crises alimentaires, les pénuries des denrées de première nécessitéde et de carburant. Mais les autorités zimbabwéennes s’accrochent, entraînées par un Chef d’Etat ne voulant pas céder à la pression internationale, surtout occidentale. Mugabe s’est ainsi déjà tourné vers la Chine qui s’est dite prête à aider son pays. Et en signant, mercredi, un contrat avec deux banques internationales (dont la BNP Paribas) – une aubaine pour ce pays à court de devises – il s’octroie une petite bouffée d’air frais. Les 50 millions de dollars, renouvelables sur une période d’un an lui permettront de disposer des fonds nécessaires à l’approvisionnement en pétrole et à la couverture des besoins médicaux du Zimbabwe. Sa facture mensuelle énergétique s’élève à 40 millions de dollars. Cependant, jusqu’à quand le Zimbabwe pourra-t-il continuer ainsi à vivoter ?