Zimbabwe : les vétérans font régner la terreur

Plus l’échéance des élections présidentielles des 24 et 25 juin se rapproche plus la tension grimpe. Les vétérans de la guerre d’indépendance, favorables au président Mugabe, tentent de faire basculer le verdict des urnes aux moyens de l’intimidation et des appels aux meurtres.

Comme cela était prévisible, la campagne des élections législatives des 24 et 25 juin au Zimbabwe se déroule dans un climat détestable.

Il y a trois jours des affrontements entre sympathisants du parti au pouvoir, le Zanu-PF et l’opposition rassemblée autour du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), ont fait deux morts, portant à 30 le nombre des victimes des violences depuis le mois de février. Selon l’Afp, des centaines d’opposants ont été battus et forcés à participer à des meeting ou des cours de  » rééducation politique « .

La présence musclée des  » vétérans « , miliciens à la solde du Zanu-PF, recrutés parmi les anciens combattants de la guerre d’indépendance, a contraint le MDC a annuler plusieurs rassemblements, alors que la campagne d’expropriation des Blancs se poursuit et que le président Mugabe a menacé d’étendre les saisies au secteur minier.

Polémique sur la nationalité

Le chef de l’Etat a consterné les observateurs internationaux et scandalisé l’opposition en menaçant de mort les fermiers blancs s’ils résistaient aux expropriations menées par les vétérans.

La polémique fait rage également sur la nationalité de nombreux votants d’origine britannique. Beaucoup de blancs ont en effet gardé la double nationalité. Le juge Godfrey Chidyausiku a estimé jeudi que la décision du président de rayer les milliers de zimbabwéens d’origine britannique n’avait pas de fondement légal.

L’Union européenne a envoyé une mission dans le pays pour vérifier le bon fonctionnement du processus électoral. Les observateurs de l’UE qui souhaitaient participer à un meeting du MDC, mercredi, en ont été empêchés par quelques 2000 anciens combattants, vociférant leur désir de tuer Morgan Tsvangiraï, candidat des opposants.