Zimbabwe : les médias se rebiffent

A quelques jours des élections prévues ce week-end, le président Mugabe fait pression sur les principaux médias du pays pour que ceux-ci fassent la propagande de son parti, la Zanu-PF. Certains jouent le jeu, mais d’autres refusent de se plier à ce diktat. De plus, la Cour Suprême du pays vient d’ordonner à la Société nationale de radio-télévision de mettre fin à son favoritisme envers la Zanu-PF.

Dans son édition de dimanche dernier, le Standard rapporte le dernier coup de chaud du président Mugabe. En effet, le gouvernement à ordonné aux journalistes du Herald House ainsi qu’au chef reporter de la Société nationale de radio-télévision, Reuben Barwe, de mieux couvrir la campagne électorale de la Zanu-PF à Bulawayo et dans les autres parties de la région de Matabeleland, en se plaignant du  » manque de patriotisme des journalistes  » dans cette zone.

En effet, le gouvernement trouve que les deux journaux gouvernementaux de Bulawayo, le Chronicle et le Sunday News laissent un peu trop de place dans leurs pages au Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le parti d’opposition.  » Le gouvernement a peur que la popularité du MDC mette en danger sa victoire aux élections parlementaires locales « , dit un journaliste du cru.

Hélicoptère présidentiel

Pour remédier à cela, le gouvernement utilise les grands moyens : il a réservé un hélicoptère spécial pour dépêcher les journalistes sur les lieux des meetings de la Zanu-PF. Il aurait également demandé aux journalistes d’amplifier certaines informations et d’en cacher d’autres pour faire croire que la Zanu-PF tient encore le haut du pavé.

Certains hommes de plume indignés par ces pratiques ont décidé, au nom de la liberté d’expression, de l’éthique et de l’impartialité inhérente à leur profession, de résister aux ordres du gouvernement. Mais Mugabe n’a que faire des belles paroles, et ne se soucie pas plus de la loi. Pourtant la semaine dernière la Cour suprême du Zimbabwe a ordonné à la Société nationale de radio-télévision d’abandonner la propagande envers la Zanu-PF. Dur d’être journaliste au Zimbabwe.