Zimbabwe : le tabac dans la tourmente

Les occupations sauvages de fermes au Zimbabwe ont perturbé le cycle de récolte du tabac, et annoncent des débuts difficiles pour les ventes qui commencent cette semaine. Le Zimbabwe est entré dans une spirale économique infernale et risque d’entraîner ses voisins dans sa chute.

Les ventes pour l’année 2000, du tabac dit  » de Virginie  » produit au Zimbabwe, doivent débuter cette semaine, dans un climat d’insécurité et de doute. Malgré le retour de quelques fermiers blancs dans leurs exploitations, les occupations de fermes qui durent depuis la mi-février et qui touchent environ un quart des exploitations du pays, rendent incertain le début de la saison de vente du tabac prévue pour le 26 avril. En effet, la plupart des fermiers ont préféré abandonner les fermes, et ont pris un retard considérable dans le travail ; certains ont même totalement interrompu leur récolte.

Les occupations ont empoisonné une situation déjà difficile pour les cultivateurs qui réclament la dévaluation du dollar zimbabwéen, et qui se plaignent de l’augmentation du prix des insecticides et désherbants et de la stagnation du prix moyen du kilogramme de tabac.

Le Zimbabwe est le troisième producteur mondial de tabac de Virginie, après le Brésil et les Etats-Unis, les exportations de tabac représentant 10% du PNB et 30% des revenus du pays. La crise que traverse aujourd’hui le pays pourrait avoir de graves répercussions sur son économie future. En effet, la situation actuelle ne devrait pas trop perturber les ventes à venir, mais elle pourrait compromettre la récolte de 2001, car les fermiers commencent à préparer la terre début mai.

Des risques pour les pays voisins

Des effets à long terme donc, qui porteraient le coup de grâce à une économie vacillante, et qui pourraient s’étendre aux autres pays de la région. Les marchés voisins ont d’ores et déjà été secoués par cette instabilité. Selon M. Mboweni, gouverneur de la Banque Centrale d’Afrique du Sud, cité par BBC News :  » On observe des réactions négatives sur les marchés, dues aux événements là-bas. Plus vite ils régleront le problème, mieux ce sera pour nous. «