Zimbabwe, le retour ?

Le Zimbabwe pourrait être admis de nouveau dans le Commonwealth en mars, après un an de mise à l’écart. Des trois pays membres chargés de trancher – Afrique du sud, Nigeria et Australie -, seule l’Australie souhaite voir la sanction prolongée.

Le Zimbabwe va t-il réintégrer le Commonwealth en mars prochain ? Il en avait été exclu le 19 mars 2002 à cause du déroulement violent et opaque des dernières élections présidentielles. L’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Australie, troïka désignée dès 2002 pour décider du sort du Zimbabwe, ne sont aujourd’hui plus sur la même longueur d’ondes. Le président sud-africain, Thabo Mbeki, et son homologue nigérian, Olusegun Obasanjo, ont annoncé samedi au Premier ministre australien, John Howard, leur refus de poursuivre les sanctions à l’encontre du régime de Robert Mugabe.

Solidarité africaine ?

C’est au cours d’une rencontre qui a eu lieu vendredi à Pretoria que l’Afrique du Sud et le Nigeria ont pris la décision commune de ne pas participer à la réunion, prévue début mars prochain avec le chef du gouvernement australien. Réunion au cours de laquelle la prolongation, ou non, des sanctions devait être décidée. Olusegun Obasanjo, après avoir rencontré samedi Robert Mugabe et Morgan Tsvangirai, chef du principal parti d’opposition zimbabwéen, le Mouvement Démocratique pour le Changement (MDC), a jugé qu’il ne fallait pas être  » injustement et inutilement critique et hostile « . Et qu’il fallait aider le gouvernement de Robert Mugabe à sortir de sa situation de crise.

John Howard souhaite, lui, proroger ces sanctions estimant que le Zimbabwe n’a pas respecté son engagement d’adopter les principes démocratiques sur lesquels le Commonwealth est fondé. Il espère aussi pouvoir convaincre les chefs d’Etat de l’ancien Empire britannique de maintenir les sanctions car la non-tenue de la réunion initialement prévue entraînera de fait la réintégration du gouvernement de Mugabe dans le groupe des ex-colonies britanniques. Alors qu’en mars dernier le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères britannique, Jack Straw, se réjouissait que la commission tripartite parle d’une seule voix, il semble qu’aujourd’hui la donne ne soit plus la même.