Zimbabwe : le domicile de l’opposant Morgan Tsvangirai pris d’assaut par la police

Le domicile de l’opposant zimbabwéen, Morgan Tsvangirai, a été pris d’assaut ce mardi 21 juillet 2015 par des forces policières lourdement armées et accompagnées de journalistes de la presse publique. Morgan Tsvangirai est accusé d’avoir contracté des dettes pour le compte de son parti politique, le MDC.

Une descente inopinée a été effectuée ce mardi par les forces de l’ordre zimbabwéennes dans le domicile de Morgan Tsvangirai, chef de file du mouvement Mouvement pour le changement démocratique (MDC) et principal opposant au régime de Robert Mugabe.

Selon les médias zimbabwéens, les forces de l’ordre ont pris d’assaut la maison de l’opposant politique et le siège de son parti à Harare, dans la capitale du pays. A en croire les médias, l’officier de justice dépêché sur les lieux agit suite à une plainte déposée contre Morgan Tsvangirai dont le parti a contracté des dettes colossales.

Le chef de file du parti MDC aurait accumulé une lourde dette, juste après les élections de juillet 2013. Les autorités du parti de l’opposition s’indignent. Selon ces dernières, le shérif adjoint a d’abord essayé de mettre la main sur les propriétés de Morgan Tsvangirai, dont sa maison et 62 voitures appartenant au parti. Le shérif adjoint n’a pas pu aller au bout de la procédure car le parti de Morgan Tsvangirai a obtenu un sursis. Le secrétaire général du MDC, Douglas Mwonzora, a tenu à s’expliquer sur les médias locaux. « Les créanciers représentant les employées (qui poursuivent le parti pour être remboursés) ne savaient pas qu’il y avait déjà un sursis. Apparemment, ils ne le savaient pas et lorsque nous le leur avons montré, tout s’est bien déroulé. Nous avons reçu le sursis en mai dernier et il bloque toute saisie jusqu’à ce que le tribunal en décide autrement ».

« Une dette de 500 000 dollars »

Selon Douglas Mwonzora, les employés réclament 500 000 dollars au parti MDC, ajoutant que Morgan Tsvangirai n’est pas personnellement impliqué dans cette affaire. Pour d’autres membres du parti de l’opposition, il s’agit d’une manœuvre purement politique pour souiller l’image de l’opposant Tsvangirai. Le déploiement de forces lourdement armées a inquiété de nombreux sympathisants.

« Deux camions de policiers lourdement armés et des journalistes des médias publics ont accompagné le commissaire dans une manœuvre destinée à mettre le président du MDC dans l’embarras », a fait savoir le porte-parole du mouvement, Luke Tamborinyoka. Et ce dernier de poursuivre : « Le shérif adjoint, la police et les journalistes ont quitté les lieux la queue entre les jambes lorsque le complot contre Tsvangirai et son parti politique a lamentablement échoué ».