Zimbabwe : la police a-t-elle torturé trois militantes du MDC ?

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC, en anglais), principal parti de l’opposition au Zimbabwe, accuse la police d’avoir arrêté et torturé trois de ses militantes. Accusation rejetée en bloc par les autorités qui nient toute implication dans ces actes.

« Ils nous ont emmenées au commissariat central et fait monter dans un camion noir. Ils nous ont ordonné de baisser la tête et nous ont frappées », a déclaré à la presse Cecilia Chimbiri, l’une des victimes, depuis son lit d’hôpital à Harare. En effet, mercredi dernier, alors qu’elles venaient de participer à un mouvement organisé pour protester contre les pénuries alimentaires devenues récurrentes dans le pays, les trois femmes ont été portées disparues. Battues et blessées, elles auraient été finalement abandonnées ce vendredi au bord d’une rue d’où elles ont été conduites à l’hôpital.

Mais la hiérarchie de la police nie toute implication dans l’arrestation et les sévices infligés aux trois femmes. Position soutenue par Nick Mangwana, secrétaire d’Etat à l’information qui a fait observer qu’en dépit de sa volonté de le faire, la police n’avait pas réussi à interroger les trois dames qui, à l’en croire, méritaient bien d’être interpellées parce qu’elles étaient tombées dans l’illégalité en violant les mesures de confinement imposées depuis quelques semaines. « Nous leur demandons de collaborer avec la police pour faire la lumière sur ce qui s’est passé », a-t-il laissé entendre.

La lumière sur cette affaire, les Zimbabwéens en ont besoin, particulièrement l’opposition dont le leader a dit avoir identifié, l’année dernière, 49 enlèvements de cette nature, sans que le Président Mnangagwa ne se soit prononcé ou n’ait demandé l’ouverture d’enquêtes. C’est la raison pour laquelle Nelson Chamisa est persuadé que l’interpellation des militantes qui ont été « copieusement battues, frappées et agressées sexuellement », n’a pu se faire que sur ordre des autorités au plus haut niveau. « Ce qui est clair, c’est que ceux qui ont fait ça l’ont fait au nom de M. Mnangagwa », s’est-il indigné.

Depuis plusieurs années, le Zimbabwe s’est beaucoup illustré dans les répressions policières des actions de l’opposition. La situation semble aller de mal en pis depuis le départ de Robert Mugabe et l’installation d’Emmerson Mnangagwa, au grand dam de la majorité de la population qui aspirait à un régime véritablement démocratique.