Zimbabwe : 9000 travailleurs licenciés, Mugabe appelle à un amendement de la loi

Le Président du Zimbabwe Robert Mugabe s’est exprimé, ce jeudi 30 juillet, pour la première fois, depuis l’adoption d’une loi très controversée qui permet aux employeurs de procéder à des licenciements à tout moment sans avoir à verser des indemnités à leurs anciens employés. Robert Mugabe demande un amendement de la loi qu’il qualifie d’ « âne ».

Face à la montée du chômage qui a connu une hausse drastique, ces derniers mois, le Président zimbabwéen, Robert Mugabe, veut agir vite et bien au moment où de plus de plus de ses citoyens élèvent la voix pour dénoncer une nouvelle loi sur le travail votée au Parlement.

En effet, le Parlement zimbabwéen avait voté, le 17 juillet dernier, une loi donnant le droit aux employeurs de licencier leurs employés à tout moment et sans aucune indemnité. Une décision judiciaire qui avait suscité la colère des syndicats qui demandaient au Président de réagir pour éviter que des manifestations paralysent le pays.

« Durant ces 6 derniers mois, nous avons enregistré 2700 cas de licenciement et ce chiffre ne concerne que les personnes qui sont venus se signaler », déclare Kennias Shamuyarira, secrétaire général de la fédération des syndicats du Zimbabwe.

Le 25 juillet, soit quelques jours après l’application de la loi, il avait annoncé que « nous nous sommes rencontrés ce matin en tant que syndicats et nous engagerons le ministre de tutelle dans des pourparlers. Si ces discussions n’aboutissent pas, nous trouverons des moyens pour rencontrer le Président car il est le seul à pouvoir arrêter cette folie ».

Face à l’agitation et au mécontentement des habitants, Robert Mugabe sort finalement de son silence. Ce jeudi 30 juillet 2015, le Président tire la sonnette d’alarme et confirme que neuf mille employés ont été congédiés depuis la mise en application cette loi très controversée votée par la Cour suprême.

S’adressant aux Zimbabwéens, Robert Mugabe n’a pas caché son amertume. Il qualifie la loi d’ « âne ». Pour le Président, un amendement s’avère nécessaire. « Si la loi va poser des problèmes à nos citoyens, alors cette loi doit être amendée. Nous ne pouvons pas admettre que cette loi cause autant de souffrance. Nous ne voulons pas voir les gens à la rue et nous ne voulons pas que les gens soient licenciés de cette façon. Nous allons revoir la loi car cette loi est un âne », martèle Robert Mugabe.

Le Président poursuit en indiquant que « la loi est faite pour servir le peuple, pas pour que le peuple la serve. Ne blâmez pas les juges car ils ne font qu’interpréter la loi (…). Des compagnies connaissent un ralentissement dans les affaires, d’autres ferment boutique. Nous sommes contre le licenciement des gens. Si vous n’avez plus besoin d’employés, vous pouvez leur donner un préavis de licenciement trois mois avant ».