Zanzibar veut l’indépendance… footbalistique

Zanzibar revendique l’émancipation de son Association de football, affiliée jusqu’à présent à l’Association de football tanzanienne. Malgré un championnat à la dérive et un manque de moyens chronique, Zanzibar veut y croire.

 » Nous espérons que la fraternité du football est-africain soutiendra la tentative de Zanzibar de s’émanciper.  » Lors du dernier tournoi de la Cecafa (Council of East and Central African Football Associations), qui s’est déroulé du 16 février au 3 mars à Zanzibar, les paroles du président de l’archipel, Amani Karume, ne trompaient pas. Le football zanzibarite ne veut plus être sous tutelle.

Zanzibar possède sa propre Association de Football mais celle-ci n’est qu’une filière de l’Association du football tanzanien. L’île ne traite donc jamais avec les instances du football international comme la Fifa ou la Caf. Amani Karume en appelle aux autres pays membres de la Cecafa (Kenya, Ouganda, Soudan, Burundi, Rwanda, Ethiopie, Tanzanie, Somalie, Erythrée, Djibouti) pour soutenir cette émancipation footbalistique.

Pas de sponsor

Bien que Zanzibar soit plus connue pour ses plages de sable fin, elle a déjà reçu six fois le tournoi annuel de la Cecafa. L’équipe zanzibarite (bleu et blanc) ne l’a jamais remporté mais est parvenue à la finale en 1998 et arrive régulièrement en quart de finale. Cette année, elle s’est classée troisième du tournoi, derrière les Simba de Tanzanie (vainqueurs) et le Burundi.

Certains joueurs de Zanzibar ont rejoints les rangs des Taifa Stars tanzaniens, créant des tensions entre les Associations tanzanienne et zanzibarite, d’autres jouent dans différents clubs kenyans et ougandais. D’autres encore, se sont exilés à Oman, au Barheïn ou en Arabie Saoudite. Aujourd’hui, Zanzibar se dit prête à  » exporter  » des joueurs vers l’Europe. Pourtant, les conditions d’entraînement sont rudes et l’argent manque.  » Certains joueurs viennent à l’entraînement le ventre vide « , avouait à la BBC Mabrouk Ali, entraîneur du club de première division, les Small Simba.

Zanzibar possède son propre championnat, qui n’a pas de sponsor car le gouvernement a refusé la proposition d’une marque d’alcool. Il regroupe seize équipes dont certaines n’ont pas les moyens de s’offrir des maillots… L’indépendance y changera-t-elle quelque chose ?