Zanzibar : l’archipel sombre

Boat-people, assassinats, émeutes, Zanzibar n’en finit pas de sombrer dans le chaos. L’Ile aux clous de girofle, boudée par les touristes, s’enfonce dans une grave crise économique et politique. Le pouvoir central de Dar-es-Salam opte pour la manière dure afin de ramener le calme dans l’Ile.

Entre 50 et 200 personnes sont mortes au cours des violentes émeutes qui ont secoué Zanzibar, il y a dix jours. Selon l’opposition et différentes sources d’information, le pouvoir central continue de faire la chasse aux  » rebelles « , cachés dans les forêts zanzibarites. La population, fuyant les violences, a pris d’assaut des embarcations de fortune pour rejoindre le Kenya.

Selon le Haut commissariat aux réfugiés, 130 Zanzibarites sont arrivés, mercredi dernier, au petit port kenyan de Shimoni. Les autorités kenyanes attendent 600 personnes pour ce week-end. Plusieurs boat-people auraient trouvé la mort durant cette traversée. Certaines organisations humanitaires et l’opposition tanzanienne accusent le pouvoir d’avoir mitraillé les embarcations à partir d’un hélicoptère. La police tanzanienne a démenti ces accusations et affirme, qu’au contraire, l’hélicoptère était présent sur les lieux pour sauver des vies humaines.

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Le président tanzanien Benjamin Mkapa accuse l’opposition, et particulièrement le Front Civique Uni (FUC), d’être à l’origine des incidents meurtriers et affirme que les violences ont nui à l’image du pays. En effet, l’insécurité, engendrée par ces émeutes, a fait fuir les touristes. Les compagnies aériennes n’arrêtent pas d’enregistrer des annulations. Selon l’agence Pana, les compagnies Eurofly et Air Europa ont suspendu leurs cinq vols hebdomadaires à destination de Zanzibar. Ces vols représentent pour l’archipel un manque à gagner de 13 000 dollars par semaine en taxes et frais d’aéroport. Cette situation risque de perdurer : les pays membres de l’Union Européenne ont demandé à leurs ressortissants de ne pas se rendre à Zanzibar.

La situation politique est dans l’impasse. Le président Mpaka refuse d’organiser de nouvelles élections et l’opposition lui dénie toute représentativité.