Zanatane, journal métis


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Zanatane
Zanatane

Le magazine Zanatane revendique le droit à l’information culturelle et sociale des communautés afro-antillaises, maghrébines et asiatiques qui peuplent la France. Un journal à la croisée des chemins qui fait du métissage un devoir.

Zanatane.  » Mot d’origine malgache qui se décompose en deux mots, Zana symbolisant l’enfant et Tany représentant la terre. Qualifie un individu ayant une ou plusieurs origines différentes du pays dans lequel il est né.  » Zanatane, c’est un magazine qui fête ses 9 mois d’existence et quatre numéros originaux où  » métissage « ,  » mixité « ,  » mélange  » et  » brassage  » veulent enfin dire quelque chose.

Un produit 100% original qui traite des communautés africaines, antillaises, maghrébines et asiatiques et qui souhaite  » passer d’un monde à l’autre, jeter des passerelles entre les différentes cultures, parler du Maghreb aux Africains et de l’Asie aux Maghrébins « , explique la rédactrice en chef Nadia Hathroubi. Le magazine affiche 48 pages, axées sur la culture (musique, cinéma, littérature) et les sujets de société, mélangeant  » têtes d’affiche et gens moins connus « .

France multi-ethnique

Derrière le projet : Abdallah Ahamada, né à Madagascar il y a 29 ans, de parents malgaches et comoriens et arrivé en France à 6 ans et demi.  » L’idée est partie d’un groupe d’amis. En 1999, nous avons créé une association, Indien Austral, axée sur le développement de projets. Créer un média en faisait partie. Nous nous sommes rendus compte qu’il n’existait pas de magazine traitant de toutes les composantes culturelles françaises. Zanatane répond à l’attente d’une population qui n’est pas prise en considération de manière naturelle et normale dans les autres médias. Le magazine met en avant la richesse culturelle, sociale et économique des diasporas et montre une France multi-ethnique. L’enjeu, c’était de créer un support qui reflète toute la diversité du pays.  »

Et ça marche, si l’on en croit la diversité des quelque 200 abonnés, majoritairement de France mais aussi de Grande-Bretagne, de Tunisie ou de Suisse.  » On ne connaît pas encore toute l’ampleur du potentiel « , avoue Abdallah, directeur de la publication. Zanatane cible les 18-35 ans.  » Parmi nos abonnés, le plus jeune a 19 ans, la plus âgée 57… Nous avons le même nombre d’hommes et de femmes, plutôt urbains et ayant fait des études supérieures. On a toutes les origines, toutes les tranches d’âge, ça valide notre démarche.  »

Zanatane pour 2 euros…

Zanatane est distribué gratuitement depuis septembre dernier dans les salles de concerts, bars et restaurants de Paris.  » Grâce à la gratuité, le journal circule, il est mobile, il passe en moyenne sous les yeux de trois à quatre personnes « , explique Abdallah.  » Le fait d’être gratuit nous a permis d’aller à la rencontre des gens, de les encourager à lire « , note Nadia Hatroubi.  » On aurait préféré rester gratuit mais il faut bien que le journal devienne rentable. Le 11 avril, Zanatane sera en kiosque à 2 euros.  » L’équipe se laisse un an pour réussir à s’imposer, avec les premiers challenges : 10 000 exemplaires en kiosque avant la fin 2003 et une présence dans les grandes villes françaises et les Dom-Tom.

Un site complément du magazine, sera disponible à la fin du mois d’avril, avec des infos de dernière minute, un agenda réactualisé et différentes bases de données.

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