Zambo est parti

Le styliste camerounais Zambo est mort dans un accident de voiture à Douala le 3 avril dernier. Il avait 30 ans. Pour se rendre compte de l’originalité de son style, les internautes peuvent lui rendre une petite visite posthume sur son site Internet.

Zambo s’était fait un nom dans le milieu de la couture. Ce jeune styliste camerounais de 30 ans, qui souhaitait  » réconcilier l’homme avec la nature par le biais de la création « , a brutalement disparu de la planète mode jeudi 3 avril, périssant dans un accident de voiture à Douala, au Cameroun. Pour raviver le souvenir ou découvrir ce créateur audacieux à titre posthume, son site Internet vit encore.

On peut y trouver quelques-unes de ses réalisations originales, inspirées des matières végétales comme l’obon (la peau végétale), le chanvre, les feuilles de maïs et de bananier, le bois et ses dérivés ou encore les graines. Résultat : des robes sexy en chanvre, en dentelle de fibres de bois ou de raphia, des broderies en perles de bois, un magnifique tailleur en soie sauvage et cuir végétal, des sacs en bois et des chapeaux en raphia… Pour les hommes, un étonnant pull en chanvre à porter avec un pantalon en cuir végétal, le très osé plastron en grains d’antaba ou le jamais-vu gilet de cordes d’abaca…

Fourrure végétale

Zambo, qui a inventé la  » fourrure végétale « , était  » fasciné par la forme des lianes torsades, des racines aériennes et de la beauté de la nature « , explique le site. Le styliste avait  » réactualisé les méthodes ancestrales de fabrication de tissu  » et avait réussi à imposer son style particulier.  » Cela faisait 5 ou 6 ans qu’il était dans la mode « , explique Imane Ayissi, un de ses compatriotes lui-même mannequin et styliste.  » Il est monté très vite car il n’avait pas froid aux yeux et était ambitieux. Il avait du talent mais était surtout un excellent homme d’affaires. Il avait beaucoup de facilités dans le contact avec les gens.  »

Zambo vivait à Paris, où il venait d’entrer au Syndicat de Haute couture. Originaire du petit village de Metet (80 km de Yaoundé), il était au Cameroun depuis plusieurs mois afin de monter un projet sur place. Mais l’aventure a tourné court. Les professionnels africains de la mode lui ont rendu hommage, dimanche, lors du défilé de boubous chics du créateur mauritanien Moussa Cissé. Une minute de silence pour saluer le talent disparu.