Zambie : une présidentielle à risques

Les Zambiens qui votent ce mardi pour élire leur président doivent faire face à des émeutes qui ont éclaté dans un des bidonvilles les plus peuplés de la capitale, Lusaka. A l’origine de ces violences, des militants de l’opposition, qui dénoncent des fraudes dans le scrutin.

C’est dans un climat tendu que les électeurs zambiens votent ce mardi pour élire leur président. Alors que le scrutin est en cours, des émeutes ont éclaté dans l’un des bidonvilles les plus peuplés de la capitale, Lusaka. Des militants de l’opposition, le Front Patriotique, ont affirmé avoir des preuves de fraudes électorales. Ils ont lancé des pierres sur des affiches du président sortant, Rupiah Banda et bloqué des routes dans le bidonville de Kanyama. Les forces de police ont reçu l’ordre d’interpeller toute personne en possession d’un lance-pierre, d’une hache ou d’un quelconque objet pouvant servir d’arme.

L’opposition sur ses gardes

Mickael Sata, le principal opposant du chef d’Etat Rupiah Banda, a mis en garde dès les premières heures du scrutin contre les tentatives de fraudes de ses partisans. « Si les choses sont libres et honnêtes, nous sommes très confiants », a-t-il déclaré en déposant son bulletin dans l’urne à Lusaka peu après l’ouverture des bureaux de vote, à 6H00 du matin. « Mais pour l’instant, avec les comportements que nous observons, ça devient difficile. Des urnes sans couvercle, des bulletins sans numéro de série… », a-t-il-dit, appelant ses compatriotes à « rester très vigilants » pour assurer l’impartialité du scrutin. Un point de vue que ne partage pas la chef de la mission d’observateurs de l’Union européenne, la député Maria Muniz de Urquiza. Selon elle, jusque-là « tout se passe dans le calme et correctement ».

Ce n’est pas la première fois que Mickael Sata reste sur ses gardes contre d’éventuelles irrégularités dans le scrutin. En 2008, lors de la dernière présidentielle, qu’il avait perdue de peu face à son rival, il avait crié à la fraude. L’élection avait eu lieu suite au décès brutal du président Levy Mwanawasa. Rupiah Banda avait ainsi été élu pour un mandat de trois ans, afin d’aller au bout du quinquennat qui était en cours.

Le cuivre, un enjeu de taille

Le vainqueur de ce scrutin à un seul tour dirigera le pays pour un mandat de cinq ans. La Zambie a connu une croissance spectaculaire ces dernières années, soit 7,6% en 2010, selon le Fonds monétaire international (FMI). Elles est principalement due au cuivre, sa principale ressource minière, qui attire les investisseurs. Le cuivre est d’ailleurs le principal point de discorde entre les deux candidats. Le président sortant estime que l’enrichissement du pays grâce au cuivre donne des perspectives optimistes de croissance et de développement. Son rival, quant à lui, lui reproche d’avoir privé la population des fruits de cette croissance. Il a promis de lutter en priorité contre la pauvreté en assurant une meilleure redistribution des richesses. Officiellement, 64% des 12,9 millions de Zambiens vivent avec moins de deux dollars par jour. Le bras de fer ne fait que commencer.

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