Youssoufi prend sa retraite

Abderrahmane Youssoufi a annoncé lundi à son parti, l’Union des socialistes des forces populaires, qu’il démissionnait. L’ancien Premier ministre et créateur de l’USFP, avait dû faire face à de nombreuses critiques ces dernières années. Son départ pourrait handicaper la formation socialiste, déjà en recul sur la scène politique chérifienne.

Pour Abderrahmane Youssoufi, l’USFP c’est fini. « Au terme du processus électoral (…), j’ai décider de me retirer de l’action politique et, par la même, de démissionner de l’Union socialiste des forces populaires et de toute fonction en relation avec le parti », explique le Premier secrétaire dans une lettre envoyée lundi au bureau de l’USFP. La principale formation de la coalition gouvernementale perd ainsi l’un de ses fondateurs, au moment où les socialistes sont mal en point sur la scène politique.

Avec le célèbre opposant Mehdi Benbarka, Abderrahmane Youssoufi, 79 ans, est l’une des figures historiques de l’Union socialiste des forces populaires qu’il a fondé en 1975. Plus de deux décennies plus tard, il est nommé à la tête d’un gouvernement dit d’alternance démocratique par feu le roi Hassan II. Cette transition consensuelle dure de mars 1998 à octobre 2002 et permet à la gauche de gouverner pour la première fois dans toute l’histoire du Maroc. A mi-mandat, Abderrahmane Youssoufi élu à la tête de l’USFP.

Un parti sur le déclin ?

Mais tout ne se passe pas bien. Il est accusé en l’an 2000 d’avoir trempé, en 1972, dans la tentative de coup d’Etat visant le souverain Hassan II. En 2001, il doit faire face à des guerres intestines qui éclatent dans la formation. Ses dissensions n’ont pas empêché le parti d’arriver en tête des élections législatives de 2002, qui ont vu Driss Jettou devenir Premier ministre. Pour certains, tant d’écueils laissaient présager une démission anticipée d’Abderrahmane Youssoufi.

En cette période de relatif calme politique, l’annonce de sa retraite a dû surprendre. Selon une information du site Internet emarrakech.info, sa décision serait simplement motivé par l’envie de prendre sa retraite. Mais son geste risque de léser l’image des socialistes de l’USFP, déjà mise à mal lors des élections municipales de septembre dernier. La formation socialiste est devenue la deuxième du pays (14,70% des sièges), derrière l’Istiqlal 16,96%) et suivi de près par les islamistes du Parti pour la justice et le développement. Le départ d’une personnalité aussi forte que celle d’Abderrahmane Youssoufi pourrait affaiblir de nouveau l’Union socialiste des force populaires, qui doit maintenant trouver un nouveau leader.