Yaoundé I surfe sur Internet

Yaoundé parie sur Internet pour former l’élite de demain. C’est dans cette optique que l’université a mis sur pied l’Académie régionale Internet en 2001. Un travail de longue haleine qui commence à porter ses fruits.

Internet tisse sa toile à l’université de Yaoundé I. L’établissement mise sur les nouvelles technologies pour rendre les étudiants plus performants sur le marché du travail et faire reculer la pauvreté. Pour donner corps à cette ambition, il a fallu moderniser le système informatique.

Retour six ans plus tôt. Les ordinateurs manquent et les connexions réseau et Internet sont de mauvaise qualité. A son arrivée, le nouveau recteur de Yaoundé I, Jean Tabi Manga, souhaite renverser la vapeur. En 2001, il conclut notamment un partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement. Il débouche sur la création, dans l’enceinte de l’université, de l’Académie régionale Internet (également connue sous le nom de CISKO Network Academy Program). Grâce au financement de l’établissement et au soutien du gouvernement, cette formation est équipée d’ordinateurs « haut de gamme » et d’une connexion Internet haut débit.

Un diplôme international

Les classes de l’Académie comptent une vingtaine d’élèves et autant d’ordinateurs. Les intervenants enseignent la conception, la configuration, la maintenance et l’optimisation de réseau. Les étudiants représentent les trois-quarts des effectifs. Le quart restant sont des professionnels ayant déjà une bonne connaissance informatique, mais désireux de consolider leurs acquis, voire de se recycler.

Etudiants et professionnels sont mélangés. Les novices sont formés huit mois contre six pour les personnes plus avancées. Si la différence de durée de formation est minime, les frais de scolarité font, quant à eux, le grand écart. « Les étudiants paient une somme symbolique de 100 000 CFA. Les autres paient 1,2 million de CFA pour faire remonter les rentrées d’argent », souligne Gabriel Nguetseng, directeur de l’Académie. Au bout de la formation : un diplôme international.

Un rempart contre le chômage

L’Académie considère que c’est un atout de poids pour se faire une place sur le marché du travail. « Aujourd’hui, les plus hauts diplômes ne suffisent plus. L’enseignement supérieur est trop théorique. L’Académie offre une formation pratique et favorise donc les étudiants dans leur recherche d’emploi », explique le directeur de l’Académie.

Les résultats semblent prometteurs. « Certains étudiants ont été embauchés dans des secteurs touchant aux technologies de l’information et de la communication. Quelques uns travaillent dans des banques, avec des fournisseurs d’accès Internet ou effectuent des travaux d’informatisation pour l’Etat », précise le directeur. Les étudiants non rattachés à l’Académie ne sont pas exclus de l’accès à Internet. Ils profitent de « la seule « cybersalle » de tout le territoire où ils peuvent consulter Internet pendant une heure gratuitement », insiste M. Nguetseng.