Yaoundé, capitale des cybercafés

La capitale camerounaise compte de nombreux cybercafés. Malgré les déboires du plus grand cybercafé de la ville, les plus petits vivent plutôt bien. Comme celui de Valérie Abdoulaye.

Le plus grand cybercafé de Yaoundé, NewTech, qui faisait tourner plus d’une centaine de machines, a ses grilles baissées deux jours sur cinq depuis plusieurs semaines. Son personnel est en grève et a déconnecté tous les ordinateurs.  » Les employés demandent une augmentation de salaire « , explique Valérie Abdoulaye, elle-même gérante de cybercafé à Yaoundé.

Loin de l’agitation et de la crise qui affecte le NewTech, Valérie veille sur ses 12 ordinateurs du Wise Center et se plie en quatre pour donner à ses clients la meilleure offre. Elle a ouvert son cyber il y a à peine un an avec l’argent de son mari. Elle a alors trois ordinateurs. A 28 ans, elle se lance dans l’aventure sans connaissances particulières en informatique.  » Avant d’ouvrir mon cyber, j’étais femme au foyer !  » rit-elle. Aujourd’hui, elle dirige deux moniteurs qui initient les clients à la navigation Internet mais avoue elle-même ne s’y intéresser que moyennement.  » Je cherche avant tout les moyens d’agrandir mon cybercafé.  »

Navigation à la carte

Sur ses 50 m2, elle a encore un espace inoccupé qui n’attend que l’arrivée d’autres ordinateurs.  » Il faut que j’en rajoute car il y a vraiment une demande « , note-t-elle. Elle espère aussi pouvoir installer la climatisation, la partie  » café  » et des lignes spécialisées pour de meilleures connexions.

Chez Valérie, l’heure de navigation coûte 700 FCFA (7 FF).  » Cela a considérablement baissé. Quand j’ai ouvert, l’heure coûtait 1 200 FCFA (12 FF) « , se souvient-elle.  » Et ce tarif peut encore baisser. Si j’avais trente ordinateurs, l’heure passerait à 500 FCFA (5 FF).  » Cela n’empêche pas son petit commerce de prospérer. Une centaine de personnes fréquentent quotidiennement le Wise Center, en grande majorité des étudiants.  » Nous avons une offre variée « , souligne Valérie.  » Les gens peuvent se connecter dix, quinze ou trente minutes et payer en fonction de cela.  »

Malgré la concurrence qui règne à Yaoundé –  » tout le monde veut ouvrir son cyber parce que c’est le métier qui paie le plus, c’est comme les cabines téléphoniques avant  » – le Wise Center de Valérie a encore de beaux jours devant lui.