
31 couples ont officialisé leur union lors d’une cérémonie de mariages collectifs à la mairie de Douala 3. Entre quête de sécurité pour les enfants, régularisation d’union libre et débats autour de la polygamie, cette initiative municipale entend promouvoir le mariage légal et renforcer la cohésion familiale.
Dans la vie, chaque être humain connaît trois temps forts : la naissance, le mariage et la mort. Mais parmi ces temps forts, le mariage, que vous célébrez en votre âme et conscience, semble prendre le dessus. Vous n’avez qu’à entendre : « Monsieur/Madame ……………….., consentez-vous à prendre pour époux/épouse Monsieur/Madame ……………….., ici présent(e) ? ». Cette question a donc été posée 31 fois lors de la cérémonie de célébration de 31 mariages collectifs, organisée le 4 février 2026, à l’esplanade de la mairie de Douala 3ᵉ.*
Cette cérémonie très courue, et dont l’importance n’est plus à démontrer, a été présidée de main de maître par Monsieur Valentin Epoupa Bossambo, maire de cette unité administrative locale située dans la région du Littoral, qu’accompagnaient ses plus proches collaborateurs et des représentants d’autres départements ministériels.
Prenant la parole, le maire, Monsieur Valentin Epoupa Bossambo, indique : « Nous sommes à la première cérémonie de mariages collectifs, parce qu’il y en aura une deuxième dans les tous prochains jours. Et c’est le mois de février qui est le mois consacré à l’amour. Nous avons une 2ᵉ cérémonie qui va plutôt être conduite par les églises. Lors de cette 2ᵉ cérémonie, il est prévu qu’on ait à peu près deux fois le nombre de ce jour, sur la base des publications de bans que nous avons eues. Ce que nous recherchons à travers ces cérémonies de mariages collectifs, c’est de vulgariser l’acte de mariage et de raffermir les familles, parce que beaucoup de gens sont en union libre. Et l’union libre ne sécurise pas les enfants. Nous avons ici des familles affermies qui doivent être responsabilisées, en passant de l’étape informelle, qui est l’union libre chez nous, à l’étape formelle, qui est le mariage que nous sommes en train de célébrer ce jour. »
« Ma tendre moitié et moi sommes ensemble depuis plus d’une dizaine d’années. De notre union libre, nous avons déjà de grands enfants. Ma tendre moitié et moi nous nous battons tant bien que mal pour subvenir à nos besoins et à ceux des membres de nos familles », déclare le nouveau couple Jean K.
« Ma tendre moitié et moi pensions toujours à sceller notre relation, en passant par les voies légales (toquer porte, dot, mariage à la mairie et à l’église, organiser une soirée récréative). Mais, ayant des revenus très, très limités, nous ne faisions que renvoyer ce projet, qui nous tient tant à cœur. Nous avons saisi la perche qui nous a été tendue par le maire et toute sa vaillante et éclairée équipe, afin de tourner définitivement cette page sombre. Que le maire et ses collaborateurs continuent dans la même lancée, car il y a beaucoup de personnes qui sont dans la même situation que nous », conclut-il.
Selon le patriarche Jules M., « Quand le maire et ses adjoints unissent des gens qui ont brûlé les étapes (pas de toquer porte, ni dot) pour le mariage, pensent-ils un seul instant aux souffrances endurées par les géniteurs ? Et ce qui touche le plus dans cette cérémonie, ce sont les personnes qui choisissent le régime polygamique alors qu’elles sont encore en location. D’où leur viendront les moyens pour entretenir deux ou plusieurs femmes/familles ? N’est-ce pas là une grosse corde qu’ils s’attachent au cou ? Est-ce par mauvaise foi qu’ils le font ? Ou encore, ont-ils tellement d’argent, mais se cachent derrière la célébration des mariages collectifs ? Cela voudrait dire que ces messieurs se moquent des géniteurs de leurs épouses. »
« Dans la Bible, il est dit que tu quitteras ton père et ta mère, et tu t’attacheras à un homme. Chaque personne ayant tous ses sens est dans l’obligation de se conformer à cette loi divine. Mais, pour telle ou telle raison, certaines personnes le font tôt, d’autres très tard », indique l’ancien de l’église Thomas H.
« À partir de ce jour, je vais dormir tranquillement. Je me souciais tellement de ma fille et de ses trois enfants. Je ne cessais de me demander, si un jour le Seigneur rappelait le copain de ma fille, avec qui ils ont déjà des fruits, que va devenir leur vie ? Je dis grandement merci au maire de la commune de Douala 3 et à ses collaborateurs pour ce geste d’une si grande envergure. Puisse le Seigneur les garder et les maintenir à ces prestigieux postes. »
Avant de passer aux réjouissances populaires, le maire et ses plus proches collaborateurs avaient prodigué des conseils aux élus du jour.
Créée en 1987 et basée à Logbaba, la mairie de Douala III, qui compte plus d’un million d’habitants, est l’une des six communes d’arrondissement de la Communauté urbaine de Douala.




