Voyage au coeur des cultures africaines

Ils sont écrivains, peintres, sculpteurs, photographes, cinéastes. Les artistes réunis à Bamako racontent le continent africain en témoignant de leur vie, de leur société, et de l’histoire de leur pays. La troisième édition du festival Etonnants Voyageurs se déroule du 3 au 10 février et réunit la nouvelle génération d’écrivains d’Afrique francophone, venus échanger idées et expériences.

Cafés littéraires, débats, projections de films, ateliers de contes et lectures investissent la ville. En trois années d’existence, la manifestation Etonnants voyageurs est devenue le premier festival du livre francophone en Afrique. Avec moins d’écrivains invités et surtout moins de brassage linguistique, l’édition 2003 se veut plus enracinée dans le continent. On assiste à l’arrivée de nouveaux visages tels que Kangni Alem, Maïssa Bey, Eugène Ebodé, Emmanuel Goujon… Des auteurs souvent publiés localement par des maisons d’édition africaines. Cette nouvelle tendance est en phase avec l’objectif que se sont fixé les organisateurs d’ancrer le festival en Afrique.

Des opérations décentralisées sont menées avec une vingtaine d’écrivains invités dans six villes maliennes. De retour à Bamako, ces auteurs interviendront sur des thèmes tels que l’identité culturelle, l’héritage africain, la responsabilité de l’écrivain : autant de sujets qui sont au coeur de la littérature. Ecartelés entre la tradition et la modernité, les deux composantes essentielles de leur imaginaire et de leur être, les écrivains donneront à lire des versions originales de leurs oeuvres.

Agenda des festivités

Au programme du volet littérature et histoire  » La geste Kongo  » avec l’historien Jean N’Sonde qui explore l’histoire du peuple Kongo. Puis volet cinéma avec Si-Guériki la reine mère, un film de Idrissou Mora Kpai, réalisateur béninois en quête de ses origines. Suivent les contes avec Sonia Koskas, auteur du recueil Les Blanchisseuses et le prophète Elie, neuf contes juifs tunisiens, ancrées dans la terre tunisienne. Les aspects matériels de l’écriture seront abordés à la quasi-dernière séance du festival. Bien qu’intitulée simplement  » Editeurs du Nord – Editeurs du Sud « , celle-ci promet d’être houleuse à cause de la polémique autour de la visibilité et de la ghettoïsation des littératures africaines qu’a soulevé la création ces dernières années de nouvelles collections telles que la collection  » Continent noir  » aux éditions Gallimard.

Voir le site Etonnants Voyageurs.