Violences xénophobes en Afrique du Sud : vague de protestations internationales contre l’inaction de Zuma

Depuis le début des violences xénophobes qui agitent l’Afrique du Sud, les condamnations sont unanimes à l’encontre du Président Jacob Zuma et de son gouvernement.

Les condamnations des violences xénophobes en Afrique du Sud qui agitent le pays depuis plusieurs semaines n’en finissent plus. Les dirigeants du pays sont de plus en plus critiqués pour leur faillite à empêcher ces incidents.

« Prendre des mesures concrètes »

Ce mercredi, c’est au tour du Nigeria de protester contre ces incidents à l’encontre des ressortissants étrangers à Durban et Johannesburg. Le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères nigérians, Musiliu Obanikoro, a convoqué l’ambassadeur sud-africain, Lulu Mnguni et a appelé le pays a « prendre des mesures concrètes pour mettre fin aux troubles ».

Depuis plusieurs semaines, des centaines d’étrangers sont victimes de violence en Afrique du Sud, dans les villes de Durban et Johannesburg. Des commerces sont incendiées, des ressortissants étrangers sont tabassés. Des émeutes ont éclaté.

Les pays d’origine des migrants visés ont été les premiers à réagir pour tenter de protéger leurs ressortissants. L’ambassadeur de la République démocratique du Congo (RDC) en Afrique du Sud a notamment critiqué l’inaction de la police face aux saccages.

« Choc et dégoût »

Les pays voisins ont vivement manifesté leur mécontentement. Le Mozambique, par la voix de son Président, Filipe Nyusi, a appelé le gouvernement à contenir les troubles, alors que trois Mozambicains ont déjà été tués sur les sept personnes décédées, depuis le début de la crise.

Le Président zimbabwéen, Robert Mugabe, est lui aussi monté au créneau pour exprimer son « sentiment de choc et de dégoût » et demander au Président Zuma de mieux protéger les étrangers vivant dans son pays. Près de trois millions de personnes originaires du Zimbabwe vivent en Afrique du Sud, beaucoup ont fui la crise économique dans leur pays, à partir des années 1990.

Robert Mugabe a appelé à l’arrêt des violences, aussi en tant que président de l’Union Africaine (UA). Le Zimbabwe et le Malawi ont annoncé avoir pris des mesures pour rapatrier leurs citoyens vivant en Afrique du Sud, près de 500 bus ont été affrétés. Les Etats-Unis ont, de même, fermement condamné les violences.

Déploiement de l’armée

Les organisations panafricaines ont donné de la voix, notamment la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui a exhorté le gouvernement sud-africain à agir. L’Autorité intergouvernemental sur le développement (IGAD) en Afrique de l’est a demandé au pouvoir sud-africain d’accentuer ses mesures contre ces violences. L’Organisation des Nations Unies (ONU) a fait part de ces inquiétudes.

Les différentes émeutes en Afrique du Sud ont forcé plus de 5 000 personnes à se déplacer pour fuir les violences, selon le Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR). La crainte de revivre les violences de 2008 qui avaient fait plus de 60 morts est bien présente.

Jacob Zuma a décidé, ce mercredi, de déployer l’armée à Johannesburg pour mener des arrestations. Ces violences remettent encore un peu plus en cause le rêve d’une nation arc-en-ciel, voulu par Nelson Mandela.