Violences à Trappes : quand la police dérape sur Internet

verhenne.jpg

Les violentes émeutes dans la ville de Trappes suite à l’arrestation d’un homme qui, selon la police, tentait de s’opposer au contrôle de sa femme entièrement voilée, ont poussé certains policiers à poster des commentaires racistes sur le Net, dont certains incitent ouvertement à la violence.

Les émeutes de Trappes, en région parisienne, dans la nuit du 19 au 20 juillet – après l’interpellation d’un homme qui se serait opposé au contrôle policier de son épouse qui porte le niqab (voile intégral), selon le Procureur de la République, un témoignage qui ne concorde pas avec celui de la femme voilée qui affirme que son époux tentait de prendre sa défense face à un contrôle violent – ont donné des idées racistes et provocatrices à des policiers.

Le site Internet Copwatch Nord-Ile-de-France [[L’accès au site Copwatch Nord-Ile-de-France a été un temps bloqué par la justice sur demande de Claude Guéant, fin 2011. Il a fait l’objet d’un documentaire sur Canal+ en mai.]] a mené une petite enquête sur Facebook et différents forums dédiés aux fonctionnaires de police. Ce sont six profils dont les commentaires ont retenu l’attention du site électronique. « Ces propos ne sont pas ceux de militants d’extrême-droite, mais bien ceux de fonctionnaires de police », commente Copwatchenord-df. Depuis le 19 juillet 2013, date des émeutes de Trappes, 3 groupes facebook, en lien avec les forces de l’ordre, ont été passés au crible : le « Forum police info.com », « Alliance police nationale », « les amis de police et réalités ».

Pour le seul groupe « Forum police info.com », sur un total de deux articles enregistrant plus de 200 commentaires, six fonctionnaires de police ont été épinglés. Avec la tonne d’informations sur les personnes qui circulent sur Internet, il n’a pas été compliqué pour le site Internet de remonter la trace jusqu’aux fonctionnaires incriminés.

« La chasse est ouverte, il est temps de faire un bon nettoyage »

Sur les six policiers pointés du doigt, deux étaient présents aux émeutes de Trappes. Il s’agit de Jeremy Miquelot, gardien de la paix. Sur le forum, ce dernier a écrit : « En tout cas, j’ai pris du plaisir hier soir. Sur 300 mecs contre 30 policiers, ça n’a même pas les couilles de venir au corps-à-corps. Ils préfèrent les pierres, mortiers et canettes de bières (bizarre d’ailleurs pour des musulmans en plein Ramadan). (sic) » Ce fonctionnaire semble avoir perdu tout sens de déontologie.

miquelot.jpg

Le second est Nicolas Martin, qui a visiblement a tendance à mélanger ses idées politiques à son métier. « J’ai passé la nuit à Trappes hier avec les collègues. Au menu : cocktail Molotov, mortier, caillasse… Pauvre France, vive le bleu Marine !!!! (sic) »

martin_0.jpg

Quant aux autres fonctionnaires qui se sont fait épinglés, il s’agit : de Nelly Girard. qui conseille à ses collègues policiers de faire « gaffes aux caméras, pas de prisonniers ». Une pratique qui consiste à écarter une personne interpellée hors du champ des caméras pour ensuite la tabasser, « incitation et divulgation de méthodes dans le but de commettre des violences contre des civils ».

girard.jpg

Le fonctionnaire de police Philippe Dupuy, lui, se réjouit de savoir qu’un civil a perdu un œil lors des affrontements : « Merde, il n’aura plus qu’un œil pour pleurer (sic) ».

dupuy.jpg

Jeremy Brunet a, selon le site électronique, manqué à son devoir de réserve et à la déontologie en écrivant : « C’est pas le Ramadan normalement ? Oui ??? Et ben alors vous allez « ramasser vos dents » lol force et honneur ! (sic) »

brunet_0.jpg

Enfin, le policier Julien Verhenne, incite à la violence : « La chasse est ouverte, il est temps de faire un bon nettoyage. (sic) »

verhenne.jpg

Trois fonctionnaires, en l’occurrence les deux principaux intéressés et Nelly M, ont d’ores et déjà supprimé leur compte Facebook depuis la publication de ces informations par Copwatchenord-df qui promet de poursuivre son opération. Un véritable scandale qui secoue la police. Reste à savoir si les hiérarchies de ces fonctionnaires et la justice prendront les dispositions nécessaires.

Sources :