VIH-SIDA : gratuité du traitement antirétroviral au Burkina Faso

Longtemps réclamée par les associations de lutte contre le sida et des personnes vivant avec le VIH au Burkina Faso, la gratuité du traitement antirétroviral est désormais effective depuis le 1er janvier de cette année. Saluant la mesure, les acteurs de la lutte plaident maintenant pour la gratuité de la prise en charge médicale.

Notre correspondant au Burkina Faso

Bonne nouvelle pour les personnes vivant avec le VIH au Burkina Faso. Blaise Compaoré, le président du burkinabè a, la veille du jour de l’an, au cours de son adresse à la nation, annoncé la gratuité du traitement par les antirétroviraux à compter du 1er janvier 2010. Le coût mensuel du traitement antirétroviral (ARV) était de 1 500 francs CFA, soit un peu plus de 2 €, et n’était jusque là gratuit que pour certaines catégories de patients, telles que les enfants ou les personnes indigentes, grâce à des subventions versées aux associations.

À quand la gratuité de la prise en charge du traitement ?

Les associations de lutte et des personnes vivant avec le VIH au Burkina Faso saluent cette mesure, mais continuent à militer en faveur de la gratuité de la prise en charge du VIH/SIDA. « C’est déjà un bon pas de franchi, mais le problème n’est pas entièrement résolu », commente un séropositif. Économiquement éprouvés par la maladie, de nombreux patients déjà sous traitement ARV peinent à s’acquitter des frais d’examens de suivi biologique. « Pour mes examens, je dois débourser mensuellement 20. 000 CFA au moins », témoigne un autre malade infecté par le VIH. À ce casse-tête se greffent d’autres problèmes sociaux notamment l’alimentation des malades.

Déjà, la crise financière et alimentaire de l’année 2008 avait laissé un goût amer à de nombreux malades burkinabè. À l’époque, du fait des contraintes budgétaires, de nouveaux critères d’attribution de l’aide alimentaire, avaient été adoptés par le Conseil national de lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles (CNLS/IST). Selon ces critères, seuls désormais les malades en début de traitement antirétroviral, bénéficieraient d’une aide nutritionnelle et pendant six mois, au bout desquels ils feraient place à d’autres malades. Toujours en vigueur, ces mesures sont dénoncées par des associations de lutte contre le Sida qui craignent de voir compromettre la réussite du traitement ARV pour cause d’une alimentation déficitaire des malades.

Au Burkina Faso, à la date du 30 septembre 2009, plus de 25 000 patients étaient sous traitement ARV. Mais ce nombre, ira croissant les années à venir. Selon des projections du Fonds Mondial contre le paludisme, la tuberculose et le sida, le nombre de malades mis sous traitement ARV va évoluer de 49 827 en 2009 pour atteindre 60 555 en 2015 et ce, malgré une baisse continue du taux de séroprévalence, actuellement à 1,6% selon des chiffres de l’ONUSIDA.