Vierge à tout prix ?

« Virginité », c’est le leitmotiv des adeptes du « culte de l’hymen ». Il repose essentiellement sur le saignement de cette membrane lors de la nuit de noces. Un saignement qui, dans la coutume pratiquée dans certains pays d’Afrique et ailleurs dans le monde, est sensé symboliser la pureté de la jeune mariée. Pourtant, l’hymen ne saigne pas toujours lors de la première pénétration…

Sous l’emprise d’une culture qui fait de la virginité une exigence et qui concentre l’honneur de toute une famille dans ce « bout de membrane », certaines femmes se retrouvent face à un douloureux dilemme. Soit parce qu’elles ont succombé aux plaisirs de la chair, soit parce qu’elles ont été victimes d’une agression sexuelle. Un traumatisme auquel elles ne souhaitent pas rajouter un drame familial. A tel point que certaines n’ont plus qu’une obsession : saigner le jour du mariage. Et tout est bon pour obtenir quelques gouttes d’hémoglobine sur les draps immaculés du lit nuptial et les cris de joie des matrones. D’aucunes optent pour des méthodes traditionnelles, quand certaines recourent aux grands moyens : l’hyménoplastie ou reconstruction de l’hymen.

Saigner comme une vierge : un impératif

Une chirurgie qualifiée d’« atteinte à la dignité de la femme » par une partie du corps médical et/ou une façon de s’enrichir sur la détresse des patientes. Certains praticiens dénoncent notamment leurs collègues du Maghreb qui pratiquent l’intervention à un coût exorbitant et dans des conditions d’hygiène douteuses et dangereuses.
Des critiques qui confortent les populations qui estiment que la virginité n’est pas un absolu. Pour elles, être vierge n’est pas toujours une qualité. C’est le cas en République Démocratique du Congo. Dans certaines régions de ce pays, l’expérience (sexuelle) est plutôt considérée comme une vertu et la légèreté des femmes n’est point un crime.

Ces différentes postures démontrent bien que la virginité fait débat. Un débat auquel la rédaction d’Afrik a décidé de contribuer en vous invitant à pénétrer cet univers de vraies fausses vierges, de comprendre leurs motivations et les arguments de leurs contracticteurs dans le cadre d’un dossier consacré à cette question. Chaque vendredi, jusqu’à la rentrée de septembre, découvrez dans les colones d’Afrik un mythe qui se construit.

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