Vers une plus grande liberté de la presse en Algérie ?

Lors de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, dimanche, en Algérie, le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, a promis de réviser la loi sur l’information afin que les journalistes bénéficient de meilleures conditions dans l’exercice de leur profession.

Notre correspondant en Algérie

« J’ai pris l’engagement, dans mon programme électoral présenté au peuple algérien et à la famille de la presse, de procéder à une révision de la loi sur l’information ». Tel est le message que le président Bouteflika a rappelé aux journalistes algériens lors de la célébration de la journée mondiale de la presse. Dans cette perspective, le gouvernement devrait procéder à un examen approfondi des dispositions juridiques nécessaires pour un libre exercice de la profession de journaliste. Le chef de l’Etat algérien, dans la guerre qu’il déclare mener contre la corruption et les différents cercles occultes qui freinent l’élan de développement amorcé par le pays au cours de cette dernière décennie, a sollicité le soutien de la famille de la presse. En annonçant la révision prochaine de la loi sur l’information, le président Bouteflika traduit la volonté de l’Etat algérien d’ouvrir davantage le champ médiatique et d’établir des relations moins conflictuelles entre l’Exécutif et la presse nationale.

« Je ne manquerai pas de saisir cette opportunité pour appeler le gouvernement et les parties concernées à procéder à un examen approfondi des dispositions juridiques susceptibles de hisser la presse à un niveau de professionnalisme meilleur » a-t-il souligné, non sans afficher sa volonté de s’attaquer aux « rentiers » aux desseins nuisibles. En parlant du combat de la presse « contre tous les maux susceptibles de propager la culture du désespoir et de la délinquance», M. Bouteflika semble être résolument engagé à associer la presse dans l’indispensable travail de redressement du pays. L’examen, donc, de la législation en matière d’information constituerait sans nul doute une avancée spectaculaire en Algérie, où l’exercice journalistique demeure sujet à de multiples embûches et tracasseries.

L’évolution annoncée par Abdelaziz Bouteflika pourrait, si elle était mise en œuvre, se traduire par des actes forts, tels que, par exemple, des interviews accordées par le président de la République aux médias algériens sur l’état du pays, une libéralisation de la presse audiovisuelle sur laquelle l’Etat garde un contrôle actif, et la dépénalisation du délit de presse.

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