Vers une nouvelle guerre au Burundi ?

Après l’assassinat, dimanche, du général Adolphe Nshimirimana et l’attentat, lundi soir, qui a blessé le militant des droits de l’Homme Pierre-Claver Mponimpa, l’ONG International crisis group tire la sonnette d’alarme contre ce qui pourrait être les « prémices de la guerre » au Burundi.

La tension monte d’un cran au Burundi. Tous les observateurs à l’international ainsi que l’ONU sont préoccupés par la situation. L’assassinant, dimanche, du général Adolphe Nshimirimana et l’attentat, lundi soir, qui a blessé le militant des droits de l’Homme Pierre-Claver Mponimpa sont dans tous les esprits. Est-ce les prémices d’une nouvelle guerre? En tous cas, face à la situation, l’ONG International crisis group (ICG) tire la sonnette d’alarme. « On constate un changement qualitatif dans la violence. On est passé des manifestations de rue à l’assassinat ciblé de personnalités de premier plan. On est entré désormais dans les prémices de la guerre », a déclaré, mardi 4 août 2015, Thierry Vircoulon, chargé de l’Afrique Centrale pour ICG.

Pour Thierry Vircoulon, « il est clair également que ce qui est arrivé à Pierre-Claver Mbonimpa est une réplique à l’assassinat du général Nshimirimana », craignant une escalade de la violence qui risque de replonger le pays dans une guerre civile. Si le chef de l’Etat burundais a appelé ses concitoyens à rester « unis et à éviter le piège de la vengeance », pour Thierry Vircoulon, « en tout cas, le Président peut maintenant difficilement soutenir que le pays est calme et en paix, comme il le faisait jusqu’à présent », soulignant que ce régime a deux visages. Pour International crisis group, la médiation doit revenir au plus vite car elle ne joue plus son rôle. Elle doit aussi appeler à une réaction internationale, selon l’ONG.

Burundi est plongé dans la crise depuis que le Président Nkurunziza a décidé, en avril 2015, de briguer un troisième mandat, alors que la société civile et l’opposition jugeaient sa candidature anti-constitutionnelle. Après avoir échappé à un coup d’Etat, il a remporté l’élection présidentielle, toujours contestée par l’opposition qui n’y a pas participé.

Avec cette escalade de violence, le Burundi retient son souffle, et aucune hypothèse n’est à écarter. D’autant que nombre de Burundais ne digèrent toujours pas le maintien au pouvoir de Pierre Nkurunziza.