Burundi : la crise dégénère, un défenseur des droits de l’Homme blessé par balles

Plus rien ne va au Burundi où le défenseur des droits de l’homme Pierre-Claver Mbonimpa a été blessé par balles, lundi soir, à Bujumbura, par des hommes armés qui tentaient visiblement de l’assassiner.

Après l’assassinat du bras droit du Président burundais Pierre Nkurunziza, c’est au tour de Pierre-Claver Mbonimpa, président de l’Association burundaise pour la Protection des droits Humains et des personnes détenues (APRODH ) d’être la cible d’hommes armés. Il a été blessé par balles, lundi 3 août 2015 au soir, alors qu’il s’apprêtait à rentrer chez lui. Des hommes armés en moto ont surgi alors qu’il conduisait sa voiture et lui ont tiré dessus. Une balle a atteint sa mâchoire et est ressortie par la pommette gauche, rapportent ses proches. Il est actuellement hospitalisé dans un hôpital de la capitale.

De son côté, Balthazar Fengure, vice-président de l’APRODH, avait déclaré que ce dernier était « grièvement blessé ». L’attaque a été condamnée par les ambassades étrangères présentes dans le pays. C’est le cas du secrétaire d’Etat adjoint américain en charge de la démocratie, Tom Malinowski, qui a affirmé que « le Burundi a besoin de justice, pas de vengeance. Nous sommes prêts à faire tout notre possible pour que les responsables soient traduits en justice ».

La soixantaine, Pierre-Claver Mbonimpa a été emprisonné de nombreuses fois au Burundi. Il avait aussi appelé publiquement à manifester contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza. Il avait ensuite été arrêté le 27 avril, interrogé pendant 30 heures par le Service national du Renseignement (SNR), avant d’être libéré sans être inculpé.

De nombreux diplomates, tels que l’ambassadrice américaine, le chargé d’affaires de l’ambassade de France et un représentant diplomatique suisse notamment se sont rendus à son chevet. A l’international, la situation au Burundi préoccupe de plus en plus. Surtout depuis l’assassinat du général Adolphe Nshimirimana, qui gérait la sécurité intérieure au Burundi et intime du Président Nkurunziza.