Vers un report des élections législatives au Bénin

A moins d’une semaine du scrutin du 25 mars comptant pour l’élection de la cinquième mandature du Parlement béninois, des craintes subsistent quant à la tenue effective de cette consultation, confrontée à d’énormes difficultés.

Bien qu’habitué à organiser régulièrement les élections depuis l’historique Conférence des forces vives de février 1990, le Bénin peine encore à maîtriser son dispositif organisationnel des élections au vu des ratés qui risquent de faire reporter le scrutin de dimanche prochain.

Le recensement électoral, qui mobilise d’habitude les populations, n’a suscité cette fois-ci aucun engouement à aller s’inscrire sur les listes électorales malgré les multiples appels de la Commission électorale nationale autonome (CENA, structure chargée de l’organisation des élections) et du chef de l’Etat en personne.

Les ratés dans ce recensement, notamment le manque de matériel de toutes sortes et de cartes par endroits, le retard dans certaines localités, la modicité des primes aux agents, sont quelques-uns des éléments qui amènent les observateurs à douter de la validité de la liste électorale.

Plus de dix jours après la fin du recensement et à un moment où l’apurement des inscriptions devrait être déjà fait et leur affichage effectif, ces listes sont encore dans les commissions électorales d’arrondissements qui subordonnent leur remise au paiement de primes de sujétion, non prévues par le décret instituant le traitement des personnes impliquées dans l’organisation des législatives de dimanche.

L’ultimatum lancé vendredi par la CENA de rendre les listes confisquées dimanche soir au plus tard, ne semble pas avoir été entendu par tous les démembrements. Ces agents, à qui il a été fixé une indemnité journalière de 500 F CFA, affirment avoir été obligés de mettre la main à la poche pour s’acquitter de leur mission.

Des problèmes d’organisation considérables

Du côté de la CENA, on indique que si les listes n’étaient pas toutes disponibles ce lundi, il sera impossible d’aller aux urnes dimanche. Pour le président de la structure, Antonin Akpinkoun, la non- disponibilité de ces listes ne permet pas d’évaluer avec exactitude le nombre d’électeurs, le nombre de bureaux de vote et le nombre de bulletins uniques à commander, même si ces opérations se font parfois par estimation.

Outre la question des listes électorales, la menace de destitution qui plane sur le président de la CENA du fait des divergences nées de la commande des bulletins uniques constitue, de l’avis de plusieurs observateurs, un frein à l’effectivité du scrutin à venir.

D’un autre côté, la décision du gouvernement de faire transporter le matériel électoral par le génie militaire, par souci d’économie, ce qui a longtemps constitué un point de discorde entre la CENA et l’exécutif n’est pas approuvée par les partis politiques qui soupçonnent le gouvernement de vouloir organiser des « fraudes massives » avec la bénédiction des hommes en armes.

Le cri d’alarme de l’Alliance dynamique pour la démocratie (ADD, constituée des partis politiques traditionnels dont la Renaissance du Bénin, le Parti social-démocrate, le Mouvement africain pour le développement et le progrès) qui, au cours d’une conférence de presse, a dénoncé les multiples ratés dans l’organisation, a fini par convaincre les Béninois de ce que si rien n’est fait dans l’immédiat le scrutin de dimanche risque d’être reporté.

Ils sont 2.158 candidats inscrits sur 26 listes de partis politiques qui sollicitent le suffrage des électeurs pour le compte de la cinquième législature de l’ère du Renouveau démocratique au Bénin. L’Assemblée nationale (Parlement, monocaméral) compte 83 députés.

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