Vent de fronde dans les lycées algériens

La colère des lycéens va crescendo. Le mouvement de protestation contre la surcharge des programmes scolaires destinés aux classes de 3e année secondaire s’élargit.

Plusieurs lycéens ont rejoint, depuis hier, ce mouvement initié par un collectif d’élèves représentant sept lycées d’Alger. En effet, des lycéens de Draria, de Baba Ahcène, de Ben Aknoun, de Aïn Benian et de Chateauneuf ont entamé une grève de trois jours pour exiger un allégement des programmes et, dans le cas échéant, une suppression de certaines matières introduites uniquement cette année.

Le vent de fronde a gagné d’autres wilayas telles que Béjaïa et Relizane. Les programmes sont trop chargés, nous ne pouvons plus assimiler autant de cours », déclarent des délégués du lycée Zoubida Ould Kablia de Draria. L’inquiétude des élèves est à son paroxysme. Selon eux, non seulement les programmes du premier trimestre ne sont pas achevés, mais les résultats obtenus sont vraiment catastrophiques. « Nous n’avons même pas le temps de préparer l’examen du baccalauréat », ajoutent-ils.

Dans ce lycée, la contestation durera jusqu’à samedi prochain. « Nous sommes en contact avec nos collègues des autres lycées pour coordonner notre action afin de faire entendre notre voix. Nous souhaitons que le ministère de l’Education accepte notre revendication. Nous ne voulons pas aller vers une année blanche », lancent-ils, en appelant l’association des parents d’élèves à s’engager pour essayer de résoudre le problème. Les lycéens de Baba Ahcène, eux, sont en grève illimitée.

Des lycéens déterminés

Rassemblés à l’intérieur de leur établissement, les contestataires sont déterminés à ne pas cesser leur action avant d’avoir gain de cause. Même décor à Ben Aknoun (lycées El Mokrani et Amara Rachid). Au début de la semaine, les élèves de terminale des lycées Omar Racim, Zineb Oum El Massakine, El Idrissi, Sacré-Cœur, Saint Michel, Delacroix, Ibn Nass et Ali Boumendjel avaient tenté d’organiser une marche vers le ministère de l’Education, avant d’être empêchés par la police. Ils voulaient soumettre leurs doléances aux responsables du ministère.

Les protestataires estiment que le nouveau programme imposé par la réforme de l’éducation ne leur laisse même pas le temps de souffler. « Nous avons eu cours même pendant les jours fériés et nous n’arrivons pas à avancer. Les enseignants ne peuvent rien faire pour nous, ils ne sont pas fautifs », expliquent encore ces élèves. Et d’ajouter : « La réforme ne nous a touchés qu’en troisième année. En plus, d’une assimilation trop faible de ces programmes, les travaux pratiques ne sont pas assurés par manque de temps et de moyens. Comment allons-nous faire le jour de l’examen du bac ? »

Les élèves se plaignent aussi du nombre important d’épreuves à l’examen du baccalauréat. « Il y a des filières où nous sommes obligés de préparer plus de 10 épreuves. Nous demandons à ce que les responsables suppriment au moins certains chapitres dans quelques matières selon les filières », lancent-ils. Les syndicats autonomes de l’éducation avaient, rappelons-le, tiré la sonnette d’alarme, en appelant à une formation des enseignants avant de procéder à l’application de la réforme.

Madjid Makedhi, pour El Watan