Vague de violences au Nigeria : les activistes musulmans sur le pied de guerre

Le bilan est lourd. Au moins soixante-cinq personnes ont été tuées lors des heurts entre la police et les membres de la secte fondamentaliste pro-taliban. Depuis dimanche, les activistes musulmans ont attaqué plusieurs postes de police au Nigéria. Ils souhaitent instaurer un Etat « islamique pur » dans le nord du pays.

Nouveaux affrontements au Nigeria. Plusieurs membres du mouvement pro-taliban, Boko Haram, ont incendié, lundi, deux commissariats. L’un à Potiskum, dans l’Etat du Yobe, et l’autre à Maiduguri, la capitale régionale. Selon le dernier bilan annoncé par Ogbonna Onovo, l’inspecteur général intérimaire de la police, « cinq pompiers ainsi que 60 talibans ont été tués et une station de police a été incendiée » depuis le début du conflit.

Dimanche, des affrontements entre la police et les membres de la secte fondamentaliste ont éclaté dans le nord du pays. D’après le porte-parole de la police, 35 « talibans » ont attaqué les forces de l’ordre à Dutsen Tenshin près de Bauchi. « Nos hommes ont réussi à repousser cette attaque des talibans et ont tué cinq membres du groupe lors d’échanges de tirs », a-t-il déclaré. En représailles, la police et l’armée auraient lancé une offensive contre une mosquée des talibans à Dutsen Tenshin et contre un de leurs repaires en périphérie de Bauchi, à Fadamar-Mada, et procédé à 176 arrestations.

A la suite de ces heurts, Isa Yuguda, le gouverneur de l’Etat de Bauchi a décrété, dimanche, le couvre-feu de 21 heures à 6 heures du matin. Cette mesure devrait être maintenue « aussi longtemps qu’il le faudra pour rétablir une paix durable dans cette ville », a-t-il indiqué, lors d’une conférence de presse.

Les talibans nigérians

Les talibans du Nigeria, dont la plupart sont d’anciens étudiants, ont créé leur mouvement en 2004. Ils sont établis dans le village de Kanamma, dans l’Etat de Yobe, au nord-est du Nigeria. Ils souhaitent, à l’instar de l’ancien régime taliban en Afghanistan, instaurer un Etat « islamique dur » dans le nord du pays. Dans un entretien accordé à l’AFP, Aminu Tashen-Ilimi, l’un des chefs de la secte, avait déclaré que le groupe désirait mener une insurrection armée et nettoyer la société de l’ « immoralité » et de l’« infidélité ».

Les attaques de dimanche et de lundi sont les plus meurtrières que la secte ait enregistrées depuis le début des affrontements entre les forces de l’ordre et les talibans en 2004, ce qui laisse craindre un durcissement du conflit.

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