
Les autorités nigérianes ont annoncé la libération des 89 derniers chrétiens enlevés lors d’une attaque contre trois églises dans le nord du pays. Les fidèles ont été accueillis jeudi par le gouverneur de l’État de Kaduna après plusieurs semaines de captivité. Cette libération met fin à l’un des enlèvements les plus marquants du début d’année.
Elle intervient dans un contexte d’insécurité persistante et de recrudescence des kidnappings de masse au Nigeria.
Du rapt à la libération des otages
Les 89 fidèles ont été escortés par les forces de sécurité jusqu’à Kaduna, où ils ont rencontré le gouverneur de l’État, Uba Sani. Selon les autorités, ils ont été déclarés aptes sur le plan médical et ont regagné leurs domiciles. Au total, 183 personnes avaient été enlevées lors de l’attaque. Onze ont réussi à s’échapper peu après les faits, tandis que 83 captifs avaient déjà été libérés quelques jours plus tôt.
Le rapt remonte au 18 janvier, lorsque des hommes armés ont attaqué trois églises dans le village de Kurmin Wali, situé dans le district majoritairement chrétien de Kajuru, dans l’État de Kaduna. L’assaut s’est déroulé pendant la messe dominicale, provoquant une vive émotion dans le pays. Les circonstances exactes de la libération n’ont pas été rendues publiques. Le paiement de rançons est illégal au Nigeria, même si les autorités sont régulièrement soupçonnées d’y avoir recours pour obtenir la libération d’otages.
Un phénomène criminel devenu une économie parallèle
Dans le nord du Nigeria, les kidnappings de masse se multiplient. Des gangs criminels, souvent appelés « bandits », mènent ces opérations sans revendication idéologique et exigent généralement des rançons. Selon un rapport du cabinet SBM Intelligence, ces enlèvements ont généré environ 1,66 million de dollars entre juillet 2024 et juin 2025, ce qui témoigne de l’ampleur d’un phénomène devenu une véritable économie parallèle.
Cette libération intervient après plusieurs enlèvements de masse fin 2025, qui ont relancé les inquiétudes sur la situation sécuritaire du pays le plus peuplé d’Afrique. Fin novembre, plus de 300 élèves et 12 enseignants avaient été kidnappés dans une école catholique de l’État de Niger avant d’être libérés. Face à cette situation, les autorités ont renforcé les mesures sécuritaires, recruté des forces supplémentaires et décrété l’état d’urgence dans certaines régions.
Double menace sécuritaire au Nigeria
Le Nigeria fait face à une double menace sécuritaire. Les forces de sécurité combattent les gangs criminels dans le nord-ouest et le centre du pays, tout en affrontant l’insurrection jihadiste menée depuis 2009 par Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest dans le nord-est. Ces violences ont causé plus de 40 000 morts et deux millions de déplacés, selon les Nations unies. Elles touchent l’ensemble de la population, chrétiens comme musulmans, malgré les débats internationaux sur la nature de ces attaques.



