Une victoire nommée Kabila

Le dernier soldat rwandais a quitté la République démocratique du Congo lundi dernier, fermant la page de l’occupation du pays par les armées étrangères. Joseph Kabila a réussi là où son défunt père avait échoué : libérer le pays de toute domination étrangère. Pour l’instant, seuls les rebelles du RCD-Goma, qui ont investi la place laissée libre par leurs parrains rwandais, résistent encore au gouvernement de Kinshasa.

Dans un pays où il y avait autant de rébellions que de tuteurs étrangers, Jospeh Kabila partait diminué. Aujourd’hui, c’est la danse du ventre pour plaire au maître de Kinshasa. Jean-Pierre Bemba, un temps investi Premier ministre, a senti le vent tourner quand son mentor ougandais, Yoweri Musevini, lui a signifié son désir de retirer ses troupes de la République démocratique du Congo. Il s’est rapproché de Joseph Kabila jusqu’à accepter de mettre son parti, le Mouvement de libération du Congo, en situation d’implosion.

Joseph Kabila a réussi un coup de maître : se débarrasser à la fois des troupes de Paul Kagamé et des hôtes indélicats, les forces interwahmé, que ce dernier a utilisées pendant quelques années pour combattre l’armée rwandaise à l’est du Congo. Le Rwanda s’estime sécurisé à ses frontières et la RDC dans une dynamique de victoire. Car la rébellion du RCD-Goma, privée de l’aide de Kigali, a peu de chances de survivre aux assauts conjugués des Maï-Maï et des forces gouvernementales. Politiquement, le temps joue pour l’homme fort de Kinshasa. Militairement aussi.

Il reste à Joseph Kabila un dernier pari à relever, peut-être le plus difficile. Il a promis, lors son accession au pouvoir, de redonner aux Congolais la parole confisquée d’abord par Mobutu puis par Laurent-Désiré Kabila. Il avait promis des élections honnêtes et libres. Ce serait sa plus grande victoire.