Une start-up sénégalaise se fait une place au soleil londonien

PMII développera la salle de marché en ligne d’une société britannique de gestion de risque. Le contrat a été remporté au nez et à la barbe d’importants concurrents européens. Pour le patron de l’entreprise, le Sénégal sera de plus en plus présent sur le marché mondial des NTIC.

Point Micro Ingénierie International (PMII), une jeune start-up filiale de la société dakaroise Point-Micro, vient de frapper un grand coup en étant choisie par la société londonienne de gestion de risque financier Risk Box pour créer sa plate-forme boursière en ligne. L’outil développé par PMII est une  » interface intelligente multi-marchés  » dénommée I2M2. Il permettra d’intervenir via Internet sur tous les marchés boursiers du monde. La performance de la jeune pousse sénégalaise est d’autant plus remarquable qu’elle a devancé plusieurs poids lourds européens. Les raisons d’une réussite, analysées par Mbaye Ndiaye, directeur général de PMII.

Afrik.com : Avec quels arguments PMII, une start-up inconnue, a pu faire la différence face à des concurrents européens mieux introduits sur le marché britannique ?

Mbaye Ndiaye : Nous avions la compétence et l’expertise technique, grâce à la présence d’ingénieurs de haut niveau auprès de notre maison-mère, Point-Micro. Il restait à la faire connaître, et c’est ce que nous avons fait en obtenant à Dakar de premières références de niveau international. Le fait d’avoir travaillé pour la fondation Trade Point nous a indiscutablement servis dans ce but. L’argument financier a joué, mais secondairement. Il nous fallait d’abord prouver notre savoir-faire.

Afrik : Votre exemple ouvre-t-il la voie à de prochains succès internationaux pour les start-up sénégalaises ?

M.N. : J’en suis persuadé. Le plus ardu est de faire admettre que nous sommes capables de faire aussi bien que les Occidentaux. Mais cela sera de moins en moins difficile. Il faut savoir que les opportunités d’ingénierie en liaison avec les nouvelles technologies sont immenses, et qu’elles sont mondiales. Le fait de travailler au Sénégal ou ailleurs n’a aucune conséquence pratique sur le résultat.

Afrik : Votre développement n’est-il pas freiné par le manque de jeunes ingénieurs ?

M.N. : La fuite des cerveaux est une réalité. Beaucoup de jeunes Africains, bien formés par les universités de leurs pays, s’exilent parce que nous ne pouvons pas lutter avec les salaires qu’offrent les entreprises du Nord. Elles aussi sont confrontées à la pénurie de diplômés, qui est un problème mondial. Mais nous avons des arguments, nous aussi, pour convaincre les meilleurs ingénieurs africains. Nous leur offrons la possibilité de gagner un salaire convenable, mais aussi de voyager dans le monde et d’avoir plus de responsabilités qu’au sein des grandes structures. Mais surtout, nous leur permettons de travailler dans un environnement qui leur plaît.