Une série de cyclones plonge Haïti dans la tourmente

Après Gustav la semaine dernière, Haïti a été frappée par un autre cyclone ce week-end. Ike, classé en catégorie 3 sur l’échelle de Saffir-Simpson qui en compte 5, vient aggraver une situation humanitaire déjà critique. L’ouragan s’est affaibli et s’est transformé en tempête tropicale avant de toucher Cuba ce lundi.

Trois cyclones et une tempête tropicale en trois semaines. D’abord, la dépression tropicale Fay, ensuite l’ouragan Gustav, suivi de Hanna. Hier, c’est Ike, cyclone classé en catégorie 3, sur les 5 niveaux que compte l’échelle de Saffir-Simpson, qui a ravagé Haïti, tuant au moins 47 personnes dont plusieurs enfants, selon le Premier ministre, Michèle Pierre-Louis. Au total, la série d’ouragans ayant dévasté l’île ces dernières semaines a tué plus de 500 personnes selon les chiffres officiels. Et les Nations unies estiment, à 650 000, le nombre de sinistrés.

Aux Gonaïves, ville de 300 000 habitants au Nord de Port-au-Prince, « les infrastructures sont totalement détruites », confie un médecin interrogé par nos confrères du Télégramme. Dans un pays où les infrastructures sont déjà dans un état déplorable, l’aide internationale peine à parvenir sur place, les routes étant coupées, les ponts brisés… Les rares ONG présentes sont débordées raconte l’envoyé spécial du journal en ligne. Vendredi, le Programme alimentaire mondial (PAM) a déchargé, aux Gonaïves, de l’eau potable, du riz et 16 tonnes de biscuits à haute teneur énergétique rapporte le correspondant du Monde.fr.

Une bonne nouvelle tout de même : le Premier ministre et son gouvernement sont entrés en fonction vendredi, après plus de quatre mois de crise politique. Mme Pierre-Louis s’est engagée à relancer la production agricole et à créer un climat favorable aux investissements.

Le débat sur l’embargo imposé par les Etats-Unis relancé à Cuba

Plus de peur que de mal à Cuba. Déjà meurtri par les passages de Gustav et Hanna, l’île a été frappée ce lundi par Ike rétrogradée en tempête tropicale. Si aucune victime n’a été enregistrée, les dégâts sont importants et l’urgence humanitaire reste de mise. Près d’un million de personnes ont été évacuées des zones à risques.

La Havane a appelé les Etats-Unis à lever leur embargo pour permettre aux sociétés américaines d’ouvrir des lignes de crédit pour aider les Cubains affectés par l’ouragan. La secrétaire d’Etat américain, Condoleeza Rice, a exclu cette éventualité, précisant que le président Bush exigeait en échange « la libération de prisonniers politiques et un processus d’elections libres.» Washington propose néanmoins une aide de 100 000 dollars à condition que celle-ci soit distribuée par une ONG. La Havane a rejeté cette poposition.