Une production agricole pleine de promesses

La production agricole marocaine pour l’année 2003 promet d’être exceptionnelle. Les prévisions tablent sur 70 millions de quintaux et on devrait atteindre les 6,5% de taux de croissance, contre 4,5% initialement prévus. Ce qui n’empêche pas le gouvernement d’augmenter les droits de douane à l’importation, afin de protéger la production nationale.

Fathallah Oualalou est un homme comblé. La production des céréales et légumineuses battra des records cette année. Les pouvoirs publics misent sur une production supérieure à 70 millions de quintaux. Quant aux professionnels, ils comptent sur une collecte variant de 70 à 95 millions de quintaux. Il faudra attendre le mois de juillet pour être fixé sur le volume total de la collecte mais le ministre des Finances et de la Privatisation peut d’ores et déjà se frotter les mains et s’apprêter à revoir à la hausse le taux de croissance de 2003.

Au lieu des 4,5% prévus dans la loi de Finances en cours puis 5,5%, il placera la barre plus haut. Le taux de croissance dépassera sûrement 6,5%. Pour Oualalou, c’est la succession de trois années de croissance positive qui importe le plus : 6,5% en 2001, 4,5% en 2002 et 6,5% pour 2003. Ces performances sont réalisées même si les deux premières années ne sont pas de bonnes campagnes agricoles.

Protection de la production nationale

En attendant que ce chiffre soit officiellement validé, le ministère de l’Agriculture devait réunir lundi au cours de l’après-midi le Comité interministériel des céréales et légumineuses qui regroupe les principales branches du secteur. C’est au cours de cette rencontre que Hassan Benabderrazik, secrétaire-général du ministère, devra annoncer les détails du nouveau système des droits de douane pour l’importation des céréales, adopté lors du dernier Conseil de Gouvernement. La nouvelle tarification entre en vigueur le 1er juin.

La récente architecture introduit une augmentation des droits de douane pour l’importation du blé tendre et dur, de l’orge et du maïs. L’objectif des pouvoirs publics est de protéger la production nationale et décourager ainsi l’importation.

Plus de transparence

Selon des informations qui ont filtré, le nouveau système fonctionne par tranches. Pour le blé tendre, par exemple, les droits de douane s’élèvent à 135% pour la première tranche de 1 000 DH la tonne. Pour la tranche supérieure à 1 000 DH, le taux est de 2,5%. Pour le blé dur, les droits de douane sont fixés à 75% pour la tranche de prix de 1 000 DH la tonne et 2,5% au-delà de ce prix. Quant à l’orge et au maïs, la taxation est de 35% pour un prix de 800 DH et 2,5% pour la tranche supérieure à ce prix.

La première réaction des professionnels face à la nouvelle tarification est positive. Pour eux, le nouveau système introduit plus de transparence. Avec l’ancienne tarification, des importateurs avaient tendance à pratiquer la surfacturation afin de bénéficier de réductions des droits de douane.

Mohamed Chaoui