Une prévention au féminin

Après le succès du test du préservatif féminin au Sénégal, le Fémidom, c’est son nom, semble être en bonne voie pour une commercialisation dans le pays. C’est tout simple, les femmes adorent, d’autant plus qu’il semblerait qu’il ait des vertus quelque peu…aphrodisiaques.

Long de 17 centimètres sur 7,8 cm de large pour une épaisseur égale à 0,5 cm, Fémidom, le préservatif féminin, a été introduit au Sénégal sous la houlette d’associations féminines qui espèrent voir les autorités compétentes, consentir à sa commercialisation dans le pays.

C’est à cette fin, qu’il a été testé dans les milieux ouvriers de Dakar et dans les régions de Tambacounda et de Kolda. Malgré quelques désagréments liés à une première utilisation, le préservatif féminin semble avoir conquis les femmes sénégalaises qui l’ont testé.

S’il est commercialisé au Sénégal et utilisé correctement, Fémidom devrait permettre aux femmes de mieux gérer leur sexualité et de se protéger contre les maladies infectieuses puisque le préservatif féminin est imperméable aux organismes responsables de MST, et notamment au VIH.

Plus résistant que le latex

Le préservatif féminin est fabriqué à partir de plastique polyuréthane plus résistant que le latex du préservatif masculin. Cette matière présente l’avantage de diminuer le risque de rupture, de rendre la méthode plus confortable et d’en accroître la durée de conservation avant la vente (jusqu’à cinq ans) même dans des conditions défavorables de stockage.

Fémidom est un préservatif pré-lubrifié, avec deux anneaux flexibles à chaque extrémité. L’anneau interne sert de mécanisme d’insertion aussi bien que de point d’ancrage à l’intérieur du vagin.

L’anneau extérieur forme la partie externe du dispositif et reste en dehors du vagin après l’insertion. Non seulement cette partie externe protége les lèvres comme la base du pénis, mais en plus elle augmente le plaisir, de l’avis des femmes sénégalaises.

Cette conception réduit le potentiel de transfert d’organismes infectieux entre partenaires sexuels, en particulier en cas d’ulcérations génitales. Pour ce qui est de prévenir la grossesse, le préservatif féminin est analogue à d’autres méthodes de contraception, telles que le diaphragme et le préservatif masculin.

Réserves émises

Au Sénégal, l’utilisation du Fémidom est d’emblée associée à la prostitution, milieu où il a été introduit en premier. Changer les mentalités ne sera pas chose aisée car même en Europe, quinze ans après la création du Fémidom, le préservatif féminin reste encore un produit fantôme, objet de moqueries misogynes.

En Afrique comme en Occident, une autre objection demeure commune. Celle qui a trait au prix du produit, jugé trop élevé à l’unité. 600 FCFA (6 FF) dans les pays en voie de développement (prix négocié par ONUSIDA) et 1000 FCFA (10 FF) dans les pays industrialisés. Mais après tout, l’amour sans risque n’a pas de prix.