Une journée de l’Aïd avec des musulmans parisiens

Le ramadan s’est achevé aujourd’hui pour des milliers de musulmans après un mois de jeûne. L’Aïd, ce jour spécial, marque la fin de cette période par une prière et un repas avec la famille ou quelques fidèles. Découvrons comment, à Paris, les musulmans de divers horizons vivent l’Aïd.

« Bonne fête de l’Aïd ! » Un vœu que de nombreux musulmans ont fait ce vendredi pour célébrer la fin du ramadan. Un rendez-vous clé dans le calendrier lunaire, une tradition, une institution pour la religion musulmane, un symbole de l’Islam. « C’est la plus grande fête que tous les musulmans partagent en commun », confie Hassaneine, un fidèle indien âgé de 19 ans qui se rend régulièrement dans la mosquée de son quartier.

La fin de longues privations

Dès le matin, les fidèles prennent leur petit déjeuner en famille avant ou après la prière. Ce petit déjeuner est composé de gâteaux, de beignets spécialement conçus pour l’évènement. On retrouve cette particularité dans les familles maghrébines. « Le matin, ça commence par le fait de souhaiter une bonne fête de l’Aïd avec sa famille, puis on prend le petit déjeuner traditionnel avec le thé à la menthe, les gâteaux et de la musique traditionnelle », explique Samyh, un jeune marocain âgé de 21 ans. « Je prends le petit déjeuner en famille avec des gâteaux faits à la maison », déclare Amine, un jeune algérien âgé de 23 ans. Dans les familles originaires d’Afrique de l’ouest, il n’y a pas de gâteaux spéciaux, on reprend le petit déjeuner comme avant le ramadan, en famille ou chacun de son côté. On attend surtout que la prière soit terminée pour partager tous ensemble le repas de midi de l’Aïd.

Ensuite, les fidèles partent à la mosquée pour effectuer « la grande prière qui marque la fin du ramadan », raconte Mamadou, un Ivoirien de 53 ans. Ils y vont seuls, avec la famille ou des amis dans la mosquée de Paris, Place Monge. « Je fais la prière de l’Aïd à la mosquée avec mon père », affirme un fidèle algérien âgé de 20 ans. Mais avant de faire cette prière spéciale, ces derniers prononcent à haute voix jusqu’à 9h la phrase suivante « Allah akbar, Allah akbar,laa ilaaha illa Allah wa Allah akbar, Allah akbar wa lillahi al-hamd » ( Dieu est le plus grand, Dieu est le plus grand, il n’y a pas d’autres divinités à part Allah et Dieu est le plus grand, Dieu est le plus grand et à lui seul lui sied la Louange ). Ensuite, ils effectuent deux prières et écoutent le sermon de l’imam.

Le déjeuner de l’Aïd

A la sortie de la mosquée, ils se souhaitent une bonne fête de l’Aïd. « On se retrouve en famille, on s’offre des cadeaux et on essaie de faire plaisir à l’autre », rapporte un fidèle, « le fait de se retrouver avec nos frères musulmans mais plus spécialement avec sa famille et rigoler, échanger, passer un bon moment », ajoute Samyh. Tout ça dans la joie et une bonne ambiance. « C’est le partage d’un aboutissement religieux », commente Samyh. « La fête de l’Aïd est un jour de paix », déclare Mohamed, un commerçant de Barbès.

Après le petit déjeuner, la prière, les échanges et les salutations, les fidèles s’attaquent au repas de midi. La plupart mange chez eux ou à la mosquée. « On mange tous ensemble a la mosquée, je mange avec les musulmans. Je suis d’origine indienne, je mange des spécialités indiennes », raconte Hassaneine. Pour d’autres, le repas a lieu chez soi, en famille, avec la présence d’amis dans certains cas. Ils dégustent un bon repas composé essentiellement de viande, soit de mouton, de bélier, ou d’agneau et accompagné de soupe, de couscous ou riz selon leur pays d’origine. Les pays maghrébins sont plutôt friands du couscous-mouton et les Africains de l’ouest d’une soupe ou d’un riz avec la viande de leur choix, en général du mouton. Des repas de partage qui illustrent les valeurs de solidarité et fraternité des musulmans. A la fin du repas, la vie quotidienne reprend son cours. Après un mois d’effort et de souffrance marqué par des journées très longues de jeûne en plein été, le fidèle peut à nouveau se restaurer comme tout le monde en attendant l’année prochaine.